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Tour de France: que risque le lanceur de clous?

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Tour de France: que risque le lanceur de clous?

Par , publié le <time datetime="2012-07-16 17:09:54" itemprop="startDate" pubdate="">16/07/2012 à 17:09</time><time datetime="" itemprop="dateModified"></time>

La quatorzième étape du Tour de France, dimanche, a été marquée par de nombreuses crevaisons sur plusieurs vélos. Des clous ont été lancés sur la chaussée. Les enquêtes cherchent toujours le coupable... qui risque très gros.

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</aside> <figure class="ouverture"> Tour de France: que risque le lanceur de clous? <figcaption>

CYCLISME - Dimanche après-midi, Thomas Voeckler a été obligé d'aider son leader Pierre Rolland, mieux placé au classement général.

AFP/Joel Saget

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Que s'est-il passé?Dimanche après-midi, dans les derniers kilomètres du Mur de Péguère, ultime difficulté de la quatorzième étape reliant Limoux dans l'Aude à Foix dans l'Ariège, une trentaine de coureurs du Tour de France (plus des motos et des voitures) ont crevé.  

La raison: des spectateurs ont jeté des clous de tapissier sur la chaussée après le passage des échappés. Le peloton a été décimé. Le Croate de l'équipe Astana, Robert Kiserlovski, victime d'une chute dans la descente, a été contraint d'abandonner. Diagnostic des médecins: clavicule droite cassée. 

Une vive émotion. Quelques heures après les faits, le manageur de l'équipe BMC ne décolérait pas. "C'est tout sauf un sketch! Celui qui place des clous dans un montée pareil avant une descente où les coureurs s'élancent à 80 km/h ou plus est un criminel. C'est insensé!" 

Un sentiment partagé par l'ensemble des coureurs. A l'image du jeune coureur français Thibaut Pinot. "Crever sur des cailloux, des trucs qui viennent de la route, ok. Mais là, ce sont vraiment des éléments extérieurs. C'est minable!" 

D'autres se sont montrés plus philosophes, comme le maillot jaune Bradley Wiggins. "Qu'est-ce qu'on peut faire? Ce n'est pas quelque chose qu'on peut contrôler. C'est triste mais c'est le genre de choses auxquelles les cyclistes doivent faire face." 

Pas de conséquences sportives. Sans l'intervention pleine d'autorité du maillot jaune Bradley Wiggins, le classement du Tour de France aurait pu être bouleversé. Mais l'Anglais, dont le sens du fair-play n'est plus à prouver, a demandé au peloton de ralentir, à trente kilomètres de l'arrivée, pour attendre le quatrième du classement général, l'Australien Cadel Evans, victime de trois crevaisons. 

Pas au courant, le Français Pierre Rolland a attaqué à ce moment-là, prenant jusqu'à deux minutes d'avance avant de se relever. Les coureurs échappés ont, eux, logiquement continué. L'Espagnol Luis León Sanchez l'a emporté. Bradley Wiggins reste leader du Tour.

Une plainte a été déposée. Furieuse après l'incident, la société organisatrice du Tour de France, ASO (Amaury Sport Organisation), qui gère également le Paris-Dakar et le marathon de Paris, a porté plainte contre X auprès de la gendarmerie pour "ces actes irresponsables et dangereux qui constituent une atteinte à l'intégrité physique des coureurs". Le parquet a ouvert une enquête pour "dégradations et mise en danger de la vie d'autrui".  

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3 ans de prison et 45 000 euros d'amende 

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Ce lundi, les gendarmes de la section de recherches de Midi-Pyrénées et de la brigade de Saint-Girons examinaient les images de télévision ainsi que les vidéos amateurs pour tenter de retrouver la -ou les- coupables, qui ont jeté les clous risquent jusqu'à 3 ans de prison et 45 000 euros d'amende.  

"Dans ce genre de cas, je vois bien une peine d'un an de prison, dont six mois ferme, analyse Grégory Kagan, responsable du pôle pénal à Paris. En fait, c'est surtout l'amende et les dommages et intérêts qui pourraient être élevés, bien que plus que 45 000 euros. Si la personne qui a fait cela est arrêtée et jugée, elle risque d'être insolvable à vie." 

Pas la première fois. Dans les colonnes de L'Equipe, ce lundi, le mécanicien américain Petar Tomich, en charge du dépannage sur le Tour de France expliquait que "c'est la première fois" qu'il voit "une course cycliste ainsi sabotée". Pourtant, cela est déjà arrivé par le passé. En 1904, déjà, pour la deuxième édition du Tour de France, des clous avaient été dispersés sur la route lors d'une étape entre Nantes et Bordeaux. Sans assistance comme maintenant, le vainqueur n'avait pas pu être dépanné. Il avait terminé la course avec les deux pneus à plat. 

A l'arrivée, hier, Cadel Evans a expliqué que cela lui était "déjà arrivé deux fois en Espagne" et que c'est pour cette raison qu'il avait décidé ne plus aller courir là-bas. Joint au téléphone, Nicolas Vogondy, trois fois champion de France, assure, lui, qu'il n'a pas le souvenir d'avoir vu des clous sur la route durant sa carrière.  

"En revanche, je me souviens avoir vu de l'huile..." précise-t-il avant d'ajouter: "des personnes qui n'ont rien dans la tête, il y en a partout."

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