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Pour ce qui est de financer la transition énergétique, la future contribution climat énergie (CCE)
ne suffira pas seule à la tâche et de beaucoup. Le gouvernement attend de cette mesure 4
milliards d’euros en 2016, montant dont il compte dégager la même année 1 milliard d’euros
supplémentaire au profit de ce « chantier majeur du quinquennat », a indiqué cet après-midi
Jean-Marc Ayrault, venu clore au Palais d’Iéna la deuxième conférence environnementale.
Des chiffres très éloignés des 20 milliards d’euros par an mentionnés la veille par François
Hollande dans son discours d’ouverture sur le coût de ce « chantier majeur du quinquennat ».
L’industrie de l’atome arrivera à la rescousse pour aider au comblement de cet écart. Le « parc
nucléaire sera mis à contribution », a annoncé le chef du gouvernement sans trop rentrer dans
les détails de ce projet. Il n’est guère allé plus loin s’agissant des modalités de mise en œuvre
de la CCE, dont le président de la République avait annoncé, la veille, la mise en œuvre en 2014.
A cinq jours de la présentation du budget et après les couacs émis par l’exécutif sur la « pause
fiscale », l’heure est l’apaisement vis à vis de l’opinion. Jean-Marc Ayrault est resté totalement
muet sur la fiscalité du diesel, au grand dam des associations environnementales, et il a insisté
sur le caractère très progressif de la montée en puissance de la CCE. « En 2014, l’impact de
cette composante carbone sur les carburants et le fioul domestique sera nul », a t-il rappelé.
Les pêcheurs et les transporteurs garderont leurs exonérations. Enfin, « les industriels soumis
aux quotas de CO2 conserveront, eux, leur système », a expliqué le premier ministre. Une mesure
accueillie favorablement par le patronat. « Nous redoutions que certaines entreprises aient à subir
une double-peine », explique Jean-Pierre Clamadieu, le président de la commission du
développement durable du MEDEF.
Quant à la participation du nucléaire à l’effort de transition énergétique, elle s’opérera en mobilisant
« une partie des gains financiers perçus sur le parc existant », a indiqué Jean-Marc Ayrault. Sans dire
à partir de quand et pour quel montant cette mise à contribution serait réalisée. Malgré son imprécision,
cette annonce a satisfait les écologistes, ravis de voir le nucléaire payer la transition énergétique.
« L’Etat redevient stratège et reprend la main vis à vis d’un opérateur qui n’a pas joué le jeu du débat
national sur la transition», juge Ronan Dantec, sénateur EELV de Loire-Altantique. Certains s’inquiètent
pourtant du prix à payer qui pourrait être l’allongement de la durée de vie des centrales. « On s’oriente
vers le modèle allemand. Angela Merkel a donné dix ans d’allongement en contre-partie d’une taxe
pour financer la transition énergétique », estime Corinne Lepage, députée européenne et président
de Cap 21.
Sur les thèmes (eau, biodiversité, économie circulaire, emploi, éducation) qui ont émaillé cette
deuxième conférence environnementale, Jean-Marc Ayrault s’est montré avare en annonces
concrète. La hausse de la TVA sur les engrais dans le budget 2014 a été confirmée, ains que
la création en 2014 de l’Agence nationale de la biodiversité