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Inflexible jusque-là, le président russe peut se lancer à son tour dans des mesures de rétorsion. - AFP/Alexey Duzhinin
</figcaption></figure>Cette fois, les Européens tapent vraiment du poing sur la table face à la Russie. L’Union européenne a ainsi adopté, hier soir, à l’issue d’une réunion des ambassadeurs des Vingt-Huit à Bruxelles, une large palette de sanctions qui devraient toucher plusieurs pans de l’économie russe. L’attitude prudente adoptée depuis le début de la crise ukrainienne n’était plus tenable après le crash de l’avion de Malaysia Airlines, alors que de forts soupçons pèsent sur les rebelles ukrainiens qui auraient bénéficié de batterie de missiles sol-air fournies par Moscou. « Notre volonté avec ces sanctions est d’enfin obtenir une désescalade de la situation en Ukraine. Elles pourront être revues périodiquement en fonction de l’évolution des positions », explique une source européenne.
Ce qui a été décidé, hier, paraît ressembler beaucoup à cequ’avait proposé la Commission européenne la semaine dernière . L’UE aurait ainsi imposé de couper le robinet du financement des banques publiques russes, qui ne pourront donc plus emprunter auprès de personnes physiques ou morales européennes, selon des sources européennes. Les sanctions incluent également l’interdiction des exportations « sensibles » vers la Russie, dans le domaine de l’énergie à l’exception du gaz (comme les équipements de forage en eaux profondes) ou pour les biens à double usage militaire et civil (comme certains biens électroniques de haute technologie). Il sera également interdit de vendre des armes à la Russie, sans que cela remette en cause les contrats existants. Une position critiquée publiquement par la Premier ministre lituanienne Dalia GrybauskaitÄ—, qui a regretté dans un tweet « que rien n’empêche la vente des navires Mistral » par la France à la Russie.
Ces annonces ne sont pas les dernières en la matière. L’UE devrait ainsi dévoiler, aujourd’hui, les noms de quatre hommes d’affaires russes proches de Vladimir Poutine, qui s’ajouteront à la longue liste de personnes dont les avoirs ont été bloqués. Et les Etats-Unis ne comptent pas être en reste, puisque de nouvelles sanctions devraient être dévoilées rapidement, a expliqué hier le secrétaire d’Etat, John Kerry.
Ces nouvelles sanctions tombent alors que l’économie russe traverse d’ores et déjà une zone de turbulences. Il y a quelques jours, le FMI a revu nettement à la baisse les prévisions de croissance du pays (+ 0,2 % pour le PIB cette année, contre 1,1 % attendu). Ces sanctions pourraient aussi accélérer un peu plus la fuite des capitaux du pays, qui a atteint près de 75 milliards de dollars au premier semestre, plus que pendant l’année 2013 toute entière. En réponse, la Banque de Russie a relevé il y a quatre jours son taux directeur à 8 %, soit la troisième hausse depuis mars.
Cette fragilisation extrême de l’économie russe peut-elle faire plier Vladimir Poutine ? Inflexible jusque-là, le président russe peut se lancer à son tour dans des mesures de rétorsion. Sans oublier que l’économie européenne, elle même, risque d’être touchée par les sanctions décidées contre Moscou. Hier, le FMI a averti que des banques étrangères et notamment françaises, font face à des « risques accrus de défaut » de paiement en Russie.