Le convoi humanitaire russe est retourné en Russie. Après que plus de 200 camions sont entrésvendredi en Ukraine sans l'autorisation des autorités ukrainiennes, ils sont tous retournés en Russie ce samedi. <btn_noimpr style="margin: 0px; padding: 0px;">
Ce retour intervient alors qu' Angela Merkel est arrivée à Kiev ce samedi. La chancelière allemande est reçue dans la capitale ukrainienne par le président ukrainien, Petro Porochenko, pour une visite hautement symbolique à la veille de la fête de l'indépendance du pays. Un défilé militaire aura lieu dans la capitale.
Pendant ce temps, dans l'est du pays, les violences se poursuivent ce samedi.
Les camions rentrent en Russie. Tous les camions du convoi humanitaire russe, entrés en Ukraine vendredi, ont de nouveau franchi ce samedi la frontière en direction de la Russie. Des observateurs de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) avaient dénombré 227 camions à être entrés en Ukraine. L'agence de presse russe Ria Novosti assure que le franchissement de la frontière s'est déroulé sans encombre. Les camions ont déchargé leur cargaison dans la ville de Lougansk affirme la télévision d'Etat russe. Certaines sources anonymes ont assuré à Ria Novosti que le convoi avait été la cible de tirs de mortiers à l'approche de Lougansk vendredi.
La chaîne russe Russia Today (RT), a suivi de l'intérieur la progression du convoi en territoire ukrainien.
De manière ironique, la porte-parole adjointe du ministère russe des Affaires étrangères s'est étonnée que les Etats-Unis n'aient pas annoncé que le convoi russe avait quitté le territoire ukrainien. «Il est étrange que Washington, qui se vante toujours de ses moyens d'observation très avancés, ne sache pas encore que le convoi d'aide humanitaire russe a quitté le territoire ukrainien et est maintenant de retour en Russie», a-t-elle dit.
Merkel assure l'Ukraine du «soutien» de l'Allemagne. Juste avant un entretien avec le président ukrainien, Petro Porochenko, la chancelière allemande, Angela Merkel, a assuré l'Ukraine de son «soutien». «Je suis venue à un moment difficile, où il est question de l'intégrité territoriale de l'Ukraine». Les discussions doivent porter sur «le soutien de l'Allemagne à une solution devant conduire à la paix», a-t-elle déclaré, selon le quotidien allemand «Bild».
Steffen Seibert, le porte-parole du gouvernement allemand, rapporte, sur son compte Twitter, des propos d'Angela Merkel selon laquelle «l'intégrité territoriale et le bien-être de l'Ukraine» font partie des «objectifs de la politique allemande». «Nous voulons travailler ensemble, comme des amis.»
Porochenko : «La guerre n'est pas notre choix.» A l'issue de son entretien avec la chancelière allemande, Angela Merkel, le président ukrainien, Petro Porochenko, a déclaré que «la guerre n'est pas notre choix ; elle nous a été imposée de l'extérieur». Qualifiant Angela Merkel de «bonne amie et de très bonne avocate de l'Ukraine», selon des propos rapportés par «Bild», il a également estimé «qu'elle avait, comme personne d'autre, une connaissance des problèmes auxquels l'Ukraine est confrontée».
Echanges de tis à la frontière. L'agence Itar-tass rapporte que des douaniers russes ont dû quitter tôt samedi leur poste frontière dans la région de Rostov-sur-le-Don, à Matveyev Kurgan précisément. De nombreux tirs avaient lieu du côté ukrainien de la frontière.
Explosions et trois morts à Donetsk. Trois civils ont été tués ce samedi dans le centre de Donetsk, chef-lieu des insurgés prorusses de l'est de l'Ukraine, après des tirs d'artillerie. Leurs corps ont été recouverts de draps ensanglantés dans une rue du centre-ville. De très fortes explosions ont ébranlé le centre de Donetsk vers 5 heures du matin (heure française).

Donetsk (Ukraine), samedi. Des employés communaux évacuent le corps d'une victime des bombardements. (AFP/Dimitar Dilkoff)
Le vice-chancelier allemand propose une fédération. A quelques heures de la visite d'Angela Merkel en Ukraine, son vice chancelier, Sigmar Gabriel, a suggéré, dans une interview au quotidien «die Welt», que la solution au conflit ukrainien pourrait passer par une fédération. «Le concept sage du fédéralisme me semble la seule voie praticable. L'intégrité territoriale de l'Ukraine ne peut être préservée que si l'on fait une proposition aux régions à majorité russophone», explique-t-il. Il rappelle par ailleurs que la diplomatie allemande cherche essentiellement «à éviter, par tous les moyens, une confrontation militaire directe entre la Russie et l'Ukraine». Enfin, concernant la région de Crimée, il considère qu'il ne faut pas s'attendre «à ce qu'on revienne rapidement» sur son annexion par la Russie.
Un convoi de camions «vides» ? Le convoi de 300 camions russes avait commencé à arriver vendredi soir à Lougansk, fief des séparatistes ukrainiens prorusses, où eau courante, électricité et téléphone font défaut depuis trois semaines. Les autorités ukrainiennes, qui n'ont pu inspecter que 34 camions avant que le convoi ne passe la frontière, ont évoqué des poids lourds «vides» avec, par exemple, 800 kilos de thé dans un véhicule pouvant transporter 25 tonnes. Alors que ce convoi stationnait depuis plusieurs jours à la frontière, le président russe Vladimir Poutine a expliqué que tout nouveau retard pour obtenir le droit d'entrer en Ukraine aurait été «inacceptable», lors d'un entretien téléphonique avec Angela Merkel.
VIDEO. Le convoi humanitaire, cheval de Troie de la Russie ?

Kiev évoque une «invasion». «Il s'agit d'une invasion directe», a réagi le chef des services de sécurité ukrainiens, Valentin Nalivaïtchenko, après l'entrée du convoi de camions en Ukraine. Mais il a promis que l'aviation ne bombarderait pas ces camions. «Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour que cela n'ait pas de conséquences plus graves», a renchéri le président ukrainien, Petro Porochenko. Kiev craint que ce convoi, qui se déplace en territoire rebelle en proie à des combats intenses, ne fasse l'objet d'une «provocation» qui pourrait servir de prétexte à une intervention militaire russe.
VIDEO. Kiev parle d'invasion après l'entrée du convoi russe en Ukraine.
Entretien entre Angela Merkel et Barack Obama. Le président américain, Barack Obama, et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont estimé que la Russie s'était engagée dans une «dangereuse escalade» et ont fait part de leur «inquiétude» face à la forte présence militaire russe à la frontière et sur le territoire ukrainien. Ils ont insisté sur «l'importance d'un cessez-le-feu bilatéral accompagné d'une fermeture de la frontière et d'un contrôle effectif de la frontière» russo-ukrainienne. Washington avait exigé plus tôt que Moscou retire «immédiatement» son convoi humanitaire, sous peine de nouvelles sanctions.
L'inquiétude de l'Otan, de l'Europe et de l'ONU. L'Otan a dénoncé «une violation flagrante» par la Russie de ses engagements internationaux et de la «souveraineté» de l'Ukraine à propos de l'entrée dans le pays du convoi de camions russes sans l'accord de Kiev, la capitale. L'Union européenne a «déploré» la décision de Moscou de faire franchir la frontière au convoi de camions. Le Conseil de sécurité de l'ONU, quant à lui, s'est réuni vendredi en urgence, à la demande de la Lituanie. A l'issue de ces consultations à huis clos, l'ambassadeur britannique, Lyall Grant, en tant que président du Conseil, a fait état d'une «vaste inquiétude sur ce que beaucoup ont qualifié d'action illégale et unilatérale de la Fédération de Russie», pouvant conduire à une escalade.
VIDEO. A Mospino, les prorusses confiants malgré les combats.


