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Le Point.fr - Publié le <time datetime="2013-10-29T22:29" itemprop="datePublished" pubdate=""> 29/10/2013 à 22:29</time> - Modifié le <time datetime="2013-10-29T22:36" itemprop="dateModified"> 29/10/2013 à 22:36</time>
Selon l'hebdomadaire "Valeurs Actuelles", l'Élysée dispose d'un "cabinet noir" chargé d'enquêter illégalement sur Nicolas Sarkozy. © ALAIN ROBERT/APERCU / Sipa
</figcaption> </figure></header>"Il me demande de faire une recherche sur l'ensemble des supports informatiques, fichiers, etc., auxquels j'ai acceÌ€s. Il me lit une liste de noms et de mots-cleÌs. ApreÌ€s avoir photocopieÌ une partie de l'annexe, il surligne certains noms." Bernard Muenkel, chef du service des télécommunications et de l'informatique de l'Elysée n'en revient pas quand en avril 2013 Eric Bio-Farina, le commandant militaire du palais lui tend une liste en lui ordonnant de chercher tous les documents capables de gêner des personnalités issues de la précédente majorité. La liste reproduite par Valeurs Actuelles dans une longue enquête que nous avons pu lire en exclusivité est éloquente. On y retrouve tous les protagonistes liés à l'affaire Tapie. L'homme d'affaires bien entendu, ainsi que son avocat maître Maurice Lantourne, les arbitres qui ont rendu la décision qui fait tant parler, Christine Lagarde alors ministre de l'Economie, Stéphane Richard son directeur de cabinet, Jean-Louis Borloo et une poignée d'autres personnages croisés dans le sulfureux dossier.
"J'explique aÌ€ Bio-Farina que je ne suis pas habiliteÌ aÌ€ faire ce genre de recherche, que notre systeÌ€me a eÌteÌ reconstruit, qu'on ne trouvera rien sur les disques durs et serveurs, que les teÌleÌphones ont eÌteÌ broyeÌs, les cartes meÌmoire SD eÌgalement, rapporte l'hebdomadaire citant les propos de Muenkel. Il veut que j'aille dans les archives de la preÌceÌdente preÌsidence : que je les ouvre et que je regarde ce qui a eÌteÌ eÌcrit, en les recoupant avec la liste de noms et de mots-cleÌs." Bref, de violer le protocole d'accord signeÌ par Nicolas Sarkozy avec les Archives nationales afin de reÌgler l'acceÌ€s aux archives de son quinquennat, dont l'ancien preÌsident reste le seul proprieÌtaire, ajoute Valeurs Actuelles. Pour convaincre son interlocuteur, Bio-Farina parle d'une demande des juges, mais ne produit aucun document en ce sens. Devant le refus de Muenkel, il réitère les jours suivants sa demande en des termes de moins en moins policés.
Rien n'y fait, Muenkel résiste et Bio-Farina perd patience et adresse un mail -reproduit par le magazine- destiné à Sylvie Hubac, directrice de cabinet de François Hollande, Pierre Valleix, conseiller justice de la preÌsidence, et Alain Zabulon, directeur adjoint de cabinet du preÌsident, nommeÌ depuis coordonnateur national du renseignement, un mail dans lequel il dévoile ses intentions et ses manoeuvres. Il va jusqu'à avouer que "leÌgalement, nous ne sommes pas dans la norme". Valeurs Actuelles rapportent ensuite une hallucinante succession de scènes où, au plus haut niveau du cabinet de François Hollande, on ne fait pas semblant de vouloir trouver des dossiers contre quelques barons de l'UMP -dont Claude Guéant- et de fouiller méthodiquement les archives de l'ancien Président au mépris de toutes les règles et de toutes les lois. In fine, Bernard Muenkel a d'abord été "mis au placard", puis arreÌ‚teÌ deux mois par son meÌdecin pour "stress professionnel" avant de quitter purement et simplement, il y a quelques jours son lieu de travail. Depuis, il a engageÌ une proceÌdure contre son ex-employeur.
L'enquête de Valeurs Actuelles est agrémentée de nombreux documents -copies de mails- et rappelle qu'à de nombreuses reprises, ces démarches sont entachés d'illégalité, au regard de le CNIL, des règles qui entourent les avocats, et du protocole passé entre les Archives nationales et Nicolas Sarkozy qui prévoit dans son article 5 que "la consultation ou la reproduction de ces documents par des tiers ne pourront eÌ‚tre autoriseÌes sans l'accord eÌcrit de M. Nicolas Sarkozy." Joint par l'hebdomadaire, l'Elysée s'est refusé à tout commentaire se contentant de préciser qu'à trois reprises ses services avaient été saisis de demandes émanant de la justice ou de Conseil Constitutionnel dans le cadre de l'affaire Tapie, de celle de la BPCE et enfin des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy.
Révélations publiées ce soir sur le site de Valeurs Actuelles.