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Le Point.fr - Publié le <time datetime="2013-02-22T16:59" itemprop="datePublished" pubdate=""> 22/02/2013 à 16:59</time>
L'ambassade de la République islamique d'Iran à Oslo, en Norvège. © Erlend Aas / AFP
C'est le quatrième diplomate iranien à faire défection depuis juin 2009, début de la sanglante répression menée par Téhéran contre les opposants à la réélection de Mahmoud Ahmadinejad à la présidence. Le quotidien norvégien Dagbladet révèle ce vendredi qu'un nouveau diplomate iranien a demandé l'asile à la Norvège. "Il souhaite conserver l'anonymat par considération pour sa famille et pour lui-même", explique au quotidien norvégien son avocat, Jørgen Løvdal. "Il ne veut pas s'exprimer sur les raisons de sa demande d'asile, ainsi que sur les circonstances qui l'entourent", précise l'avocat.
D'après Dagbladet, le diplomate iranien, qui travaillait dans l'ambassade d'Oslo depuis plusieurs années, a fait défection en décembre. Il vivrait depuis reclus avec sa famille dans un lieu tenu secret. L'ambassade de la République islamique d'Iran à Oslo a déjà été le théâtre de pareils incidents. En janvier 2010, Mohammad Reza Heydari, consul général de l'ambassade à Oslo, avait déjà décidé de démissionner de son poste et de demander l'asile à la Norvège. À l'époque, le diplomate avait expliqué avoir agi en protestation aux "assassinats" d'opposant iraniens.
L'homme, qui a depuis créé la campagne des "ambassadeurs verts", mouvement qui a rejoint l'opposition iranienne, avait ouvert la voie à deux autres défections en Europe. En septembre 2010, Hossein Alizadeh, deuxième conseiller à l'ambassade d'Iran à Helsinki, avait demandé l'asile politique en Finlande pour protester contre la violente répression survenue en Iran en 2009. Il avait été suivi de Farzad Farhangian, attaché de presse de l'ambassade à Bruxelles, qui avait assuré à l'époque qu'"Ahmadinejad n'avait plus le soutien des Iraniens".
Interrogé par Le Point.fr, Mohammed Reza Heydari explique que le dernier diplomate à faire défection était "le numéro deux de l'ambassade d'Iran à Oslo, responsable des intérêts économiques". Le désormais ex-consul général à Oslo précise toutefois que l'homme, qui devrait s'exprimer d'ici peu, n'a pas démissionné pour des raisons politiques, mais pour "des problèmes personnels avec l'ambassadeur". Pourquoi avoir dans ce cas demandé l'asile politique à la Norvège, alors qu'il aurait pu se contenter de demander son rapatriement à Téhéran ? La question reste pour l'heure sans réponse.
Une chose est sûre, cette nouvelle défection n'intervient pas au meilleur des moments pour la République islamique, confrontée aux puissances occidentales dans l'épineux dossier du nucléaire iranien. À l'heure où Téhéran s'efforce de montrer un message de fermeté et d'unité à l'Occident, la dernière défection vient rappeler les dissensions qui rongent actuellement le coeur du régime iranien. À quatre mois des élections présidentielles, Mahmoud Ahmadinejad a ouvert la boîte de Pandore le 3 février dernier, lorsqu'il a publiquement accusé le clan d'Ali Larijani, président du Parlement et proche du guide suprême, de corruption.