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Un homme a été mortellement blessé, samedi 6 octobre dans la matinée à Strasbourg, lors de son interpellation menée dans le cadre d'une opération antiterroriste, a-t-on appris de source proche de l'enquête.
Selon la source judiciaire, cette opération était menée dans le cadre de l'enquête sur le jet le 19 septembre d'"un engin explosif de faible puissance" dans une épicerie casher de Sarcelles dans le Val d'Oise. Cette attaque avait légèrement blessé une personne et suscité une vive émotion dans la communauté juive de cette commune populaire d'Ile-de-France.
Lors de l'opération de Strasbourg, trois policiers ont été légèrement blessés, a-t-on indiqué de source judiciaire. Selon les premiers éléments de l'enquête, quand ils sont entrés dans son domicile, l'homme a tiré sur les policiers qui ont riposté et l'ont touché mortellement. Un policier de l'antigang de Strasbourg a notamment reçu une balle au niveau de la tête et une autre au niveau du cœur, mais elles ont été arrêtées par son gilet pare-balles et son casque de protection, a ajouté la source proche de l'enquête.
Au site Rue 89, un policier anonyme présenté comme ayant participé à l'opération décrit cette riposte des forces de l'ordre, juste après qu'elles aient enfoncé la porte de l'appartement : "Immédiatement, il nous tire dessus. Nous l'avons formellement vu tirer avec un 357 Magnum. Deux collègues ont été blessés : l'un par une balle que son casque a arrêtée, l'autre juste en-dessous de la gorge, à la limite du gilet pare-balles." Selon le policier, la compagne du suspect et "deux petits enfants" étaient dans l'appartement au moment de l'intervention. La femme aurait été placée en garde à vue, selon ce policier.
ENQUÊTE CONFIÉE À LA DCRI
Cette interpellation intervenait dans le cadre d'une opération menée dans plusieurs villes de France, comme Torcy, en Seine-et-Marne, et Cannes, où un homme a été appréhendé sans opposer de résistance.
Le président François Hollande a annoncé que sept personnes avaient été interpellées (une source policière avait évoqué une dizaine d'arrestations plus tôt dans la journée). M. Hollande a affirmé "la détermination entière de l'Etat à protéger les Français contre toutes formes de menaces terroristes". Dans un communiqué de l'Elysée Le chef de l'Etat a "salué l'action de la police et demandé au ministre de l'intérieur", Manuel Valls, qu'il a reçu à l'Elysée, "de prendre toutes les mesures de vigilance nécessaires".
Il y a quelques jours, signe que l'affaire prenait une autre ampleur, le parquet de Pontoise, initialement en charge des investigations, s'était dessaisi au profit du parquet antiterroriste de Paris, qui avait confié l'enquête à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et à la sous-direction antiterroriste (SDAT) de la police judiciaire.
Interrogé sur la volonté du groupe de mener d'autres attaques, contre des lieux fréquentés par la communauté juive notamment, une source proche de l'enquête a appelé à la prudence, relevant que les supects avaient une "liste d'objectifs" dont l'enquête devra déterminer s'il s'agissait de projets bien avancés ou simplement évoqués entre les suspects.
Après l'attaque du magasin casher, les enquêteurs s'étaient refusé à évoquer un lien avec l'atmosphère tendue de l'époque : quelques jours plus tôt, des slogans antisémites avaient été scandés lors d'une manifestation islamiste non autorisée près de l'ambassade des Etats-Unis à Paris, organisée pour protester contre le film islamophobe L'Innocence des musulmans. La veille, Charlie Hebdo avait publié des caricatures du prophète.
Le conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) avait toutefois redouté "que cette attaque ait un lien avec l'explosion de violence qui a suivi la diffusion du film contre l'islam". L'ambassadeur d'Israël en France, Yossi Gal, avait condamné une "agression antisémite".