Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a dit mardi 17 septembre comprendre "l'exaspération et la colère des commerçants", après le braquage d'un bijoutier qui a tué l'un de ses agresseurs la semaine dernière à Nice, mais, selon lui, "il n'y a pas de recette miracle".
Les deux ministres venaient de s'entretenir avec des élus, dont le maire UMP de la ville Christian Estrosi, et des représentants des commerçants et des forces de l'ordre.
"Il appartient maintenant à la justice de faire toute la lumière sur ce qui s'est exactement passé", a ajouté Manuel Valls, précisant, sans vouloir en dire plus, que les braqueurs du bijoutier Stephan Turk, mis en examen pour homicide volontaire, étaient tous deux "des délinquants chevronnés qui n'en étaient pas à leur coup d'essai".
"Les bijoutiers doivent pouvoir exercer leur profession sereinement", a-t-il poursuivi, indiquant que les "commerces exposés à la malveillance" devaient être "inclus dans le périmètre couvert par les systèmes de vidéoprotection urbaine lorsqu'ils existent".
Il a par ailleurs indiqué qu'il fallait "davantage intégrer (les) forces de l'ordre dans la vie des quartiers, avec la "présence notamment de patrouilles pédestres", en "partenariat avec les policiers municipaux", en priorité dans les "secteurs criminogènes".
"Ce sera le cas dans le quartier Notre-Dame", au centre de Nice, là où le braquage a eu lieu, a-t-il assuré.
Les "honnêtes citoyens" peuvent "compter sur la mobilisation des forces de l'ordre, mais il n'y a pas de recette miracle, il faudra du temps et du travail", a estimé le ministre, soulignant l'augmentation "importante" des vols à main armée contre les bijoutiers ces dernières années.
Tout en redisant son opposition au "message désastreux envoyé par le gouvernement avec son projet de réforme pénale", Christian Estrosi s'est félicité que le ministre de l'Intérieur ait "répondu à (sa) demande de voir, en complément de la police municipale, les effectifs de police nationale renforcés" dans le quartier Notre-Dame "où les chiffres de la délinquance sont mauvais".
Le maire a annoncé qu'il présenterait le nouveau dispositif sécuritaire mis en place dans ce quartier "lundi prochain".
Il a par ailleurs indiqué avoir obtenu, lors de son entretien avec le ministre, que celui-ci "s'engage à mettre un terme à un décret" récent "qui retirait les bombes lacrymogènes de 300 ml de l'armement des policiers municipaux".
Eric Ciotti, député et président UMP du conseil général des Alpes-Maritimes, a pour sa part fustigé "une nouvelle opération de communication précipitée et inutile du ministère de l'Intérieur", estimant que "la réalité statistique de l'insécurité rattrape (...) le gouvernement".
