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Le 02 août à 6h00 par Jean-Luc Bobin | Mis à jour le 02 août lien
(Photos par © D.R)
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<figcaption>(Photo par © D.R)</figcaption></figure>
Ce 2 août 2014 marque le 70e anniversaire des massacres qui y furent perpétrés par les nazis. Demain
sera célébrée une cérémonie du souvenir. Retour sur ce douloureux passé.
On les aperçoit soudain. Là, juste là, au détour d'un lacet du sentier muletier. Après quelques heures
de marche, les voilà donc ces baraques en ruine de sinistre mémoire. Figées là, accrochées aux flancs
meurtris du Canigou. Comme marquées au fer rouge. Étonnamment toujours debout. Soixante-dix ans
après les faits.

(Photo par © D.R)
Là, une exécution sommaire y fut perpétrée. Exactement là. Dans ces bâtisses béantes de l'ancienne
mine de fer de la Pinosa. Là, Julien Panchot y fut torturé. Puis abattu. C'était le 2 août 1944. Sur le mur
d'une maison : une plaque. Sobrement érigée. Elle salue la mémoire du "Capitaine des 4101e et 4102e
compagnies maquis Henri Barbusse, tombé, les armes à la main, face aux hordes nazies". Là encore, gravés
dans la pierre : comme des impacts de balles. Certains encerclés à la peinture bleue. L'une d'elle peut-être.
L'une d'elle sans doute. L'une de celles qui a fauché Julien Panchot.
L'attaque allemande avait commencé la veille. Massive. Sanglante. Contraignant les guérilleros du groupe
Galiano et les FTPF du groupe Tito, postés en surplomb à quelques kilomètres de Valmanya, à décrocher.
Laissant alors le champ libre à l'ennemi. Plus nombreux et mieux armé. "Ce n'est pas un hasard si les
maquisards et les Républicains espagnols s'étaient regroupés sur le territoire de la commune", rappelle le
maire Jean-Marc Monserrat. "Ils savaient qu'ils y trouveraient là une population dans sa grande majorité
profondément républicaine et qui avait déjà pris fait et cause pour la Résistance, puisque dès 41 le réseau
Sainte Jeanne avait mobilisé des habitants dans des opérations de renseignement et d'évasion vers l'Espagne".
Sur ses gardes depuis 48 heures, car persuadée de faire l'objet de représailles, la population s'était
majoritairement enfuie dans la montagne à l'arrivée du convoi allemand. A l'exception toutefois de d
eux personnes âgées. Et de deux ouvriers espagnols. Jacques Romeux, Pierre-Jean Beaux, Emitièro
Barrena et José Gimeno sont arrêtés, suppliciés et fusillés. Une jeune veuve, habitant dans une ferme
isolée, subit de son côté les violences de soldats ivres. Ivres de haine. Valmanya est entièrement pillé.
Incendié. Les animaux abattus en masse.
Le lendemain et le surlendemain, le QG du maquis installé à la Pinosa est à son tour pris sous un feu
nourri. Faute de munitions, les Résistants n'ont d'autre alternative que de se disperser. Retrouvé blessé
par les nazis, Julien Panchot n'en rechapera pas. Ne pouvant se tenir debout, le militant communiste
français qui avait participé à la guerre d'Espagne est fusillé assis. François Cabausell, un jeune
maquisard originaire de Prades, est porté disparu. C'en est fini. Exsangue, Valamnya pleure ses martyrs.
Le 3 août, une partie des Allemands et des miliciens redescendent sur Vinça. Deux kilomètres après
Baillestavy, ils sont attaqués à la grenade par un groupe commandé par René Horte, l'instituteur de
Valmanya. Ultime acte de résistance face à l'envahisseur.

(Photo par © D.R)
Ce dimanche, à 11 h, en présence des autorités civiles et militaires, la population est conviée à venir
se souvenir de ces douloureux événements. "Rien ne peut mieux évoquer ces tragiques journées des
1er et 2 août 44 que cette phrase tirée de la citation à l'ordre du corps d'armée attribuant à Valmanya
la croix de guerre avec étoile de Vermeil", souligne Jean-Marc Monserrat. "Elle mentionne que 'durement
meurtri dans sa chair et dans ses pierres, le village de Valmanya restera un exemple admirable et
douloureux de l'inébranlable fidélité à une patrie dont il a bien mérité'". In memoriam !
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