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Le Point.fr - Publié le <time datetime="2013-02-18T08:37" itemprop="datePublished" pubdate=""> 18/02/2013 à 08:37</time> - Modifié le <time datetime="2013-02-18T16:55" itemprop="dateModified"> 18/02/2013 à 16:55</time>
Entrée du site de Spanghero à Castelnaudary, dans le sud-ouest de la France. © Remy Gabalda / AFP
Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a annoncé lundi à l'AFP que l'entreprise Spanghero allait retrouver son agrément sanitaire pour ses activités de production de viande hachée, de saucisserie et d'élaboration de plats cuisinés. L'entreprise, au coeur du scandale de la viande de cheval faussement estampillée "boeuf", ne pourra pas en revanche reprendre son activité d'entreposage de matières premières congelées, a-t-il expliqué.
"Au regard du travail accompli et des conclusions (partielles) qui m'ont été présentées ce matin, j'ai pris la décision de rétablir l'agrément pour les plats cuisinés, la découpe de viande et la charcuterie", a annoncé le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, à l'AFP. Spanghero, accusée d'avoir vendu du cheval à la place de boeuf, ne peut en revanche reprendre à ce jour son activité d'entreposage de matières premières congelées, car l'enquête est toujours en cours. "À ce stade, 80 % du stockage de toutes les viandes a été vérifié, le travail continue sur les 20 % restants. Le rapport d'enquête complet et définitif sera rendu vendredi", a indiqué le ministre. Parallèlement, "l'enquête judiciaire se poursuit pour déterminer toutes les responsabilités", a souligné M. Le Foll.
L'enquête de la répression des fraudes (DGCCRF), "qui a révélé un faisceau d'indices graves", continue au parquet de Paris où une enquête a été ouverte qui est totalement "distincte" du travail mené par la brigade d'enquête vétérinaire, insiste le ministère de l'Agriculture. Les investigations vétérinaires confirment par ailleurs "que des estampilles sanitaires ont bien été modifiées", comme l'avaient relevé les services de la DGCCRF et le ministre de la Consommation, Benoît Hamon.
L'annonce du rétablissement partiel de l'agrément sanitaire de Spanghero est intervenue à quelques heures d'une rencontre en fin d'après-midi (18 h 30) à Paris entre l'intersyndicale du personnel de l'entreprise et les ministres Le Foll, Benoît Hamon (Consommation) et Guillaume Garot (Agroalimentaire). Au chômage technique depuis vendredi, les quelque 300 employés avaient accusé le gouvernement de "condamner à mort l'entreprise", basée à Castelnaudary (Aude), en lui retirant son agrément. Stéphane Le Foll a nié lundi avoir cédé à quelque pression sociale que ce soit. "Tout a été contrôlé avec la rigueur nécessaire", "tout ce qui a été fait l'a été dans les règles", a ajouté le ministre, saluant "le travail remarquable" de ses équipes vétérinaires.
"On s'était donné jusqu'à vendredi, mais les équipes de la brigade vétérinaire ont travaillé tout le week-end et les résultats connus ce matin m'autorisent à rétablir" partiellement l'agrément, a-t-il insisté. "Pouvez-vous imaginer que j'autoriserais une telle reprise si j'avais le moindre doute ?" a-t-il relevé.
Le délégué CFDT de l'entreprise, Claude Hill, avait plaidé lundi matin en faveur d'une telle décision. "Nous n'avons jamais empoisonné les gens avec notre conserverie et notre saucisserie, cette affaire de carambouille au niveau du négoce est complètement distincte", avait-il expliqué à l'AFP. Pour lui, la production des plats cuisinés est "complètement distincte du négoce de viandes".
Le président de Spanghero, Barthélémy Aguerre, avait lui assuré que "le personnel est très motivé". "Ils rangent les choses pour pouvoir redémarrer. Ils vont tout faire pour appeler nos clients dans la journée au cas où on serait autorisé à redémarrer", avait-il déclaré à l'AFP. Tout le week-end, une brigade vétérinaire est restée à pied d'oeuvre pour expertiser les chambres froides de Spanghero.
Le scandale de la viande de cheval, qui éclabousse de nombreux pays depuis la mi-janvier en Angleterre, s'est étendu ce week-end à l'Autriche (dans des préparations Lidl fabriquées au Liechtenstein) et peut-être aussi en Bulgarie.
La société Spanghero, rachetée en 2009 à la famille Spanghero par la coopérative basque Lur Berri, est accusée d'avoir revendu de la viande chevaline comme viande bovine utilisée ensuite dans plus de 4,5 millions de plats frauduleux vendus dans 13 pays européens. Le rapport d'enquête complet est attendu pour vendredi.