Au lendemain des attentats meurtriers en Turquie à la frontière syrienne, les regards se tournent vers Damas, ouvertement accusé d'être derrière l'opération. Toutefois, la Syrie réfute ces accusations.
C'est le ministre syrien de l'Information, qui a officiellement démenti : "La Syrie n'a pas commis et ne commettra jamais un tel acte car nos valeurs ne nous le permettent pas", a-t-il affirmé dans une conférence de presse rtransmise à la télévision publique. "Nous avons été attristés par la mort de martyrs" samedi dans la localité de Reyhanli, dans le sud de la Turquie, près de la frontière avec la Syrie, a ajouté le ministre. Outre les dénégations, la Syrie renvoie Ankara à ses responsabilités : "C'est (Reccep Tayyib) Erdogan qui doit être questionné sur cet acte (...). Lui et son parti en assument la responsabilité directe", a poursuivi le ministre syrien, qualifiant le Premier ministre turc d'"assassin".
9 personnes en garde à vue
Le double attentat de Reyhanli est l'attaque la plus meurtrière enregistrée en Turquie depuis plusieurs années, et en particulier depuis le début du conflit en Syrie voisine en mars 2011. Le gouvernement turc, ancien allié de Damas, soutient désormais l'opposition et les rebelles contre le président Bachar al-Assad.
Le ministre turc de l'Intérieur, Muammer Güler a annoncé samedi que les auteurs du double attentat étaient liés à des organisations proches du régime syrien. "Les personnes et l'organisation qui ont mené (l'attaque) ont été identifiées. Il a été établi qu'elles étaient liées à des organisations soutenant le régime syrien et ses services de renseignement", a-t-il assuré. L'enquête semble d'ailleurs aller très vite : 9 personnes ont été placées en garde à vue, a annoncé Ankara dimanche.
Au-delà des faits, Ankara semble passablement irrité par l'attitude de la communauté internationale. Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, lui a reproché son "silence" sur le dossier syrien dont une conséquence serait "l'attentat barbare" de samedi, lors d'une visite dimanche à Berlin.