Ce repas annuel, qui rassemble chaque année quelque 3000 convives dans un grand hôtel de la capitale, est généralement marqué par une atmosphère proche de l'hystérie à Washington, ville plutôt guindée où la célébrité se mesure davantage au degré de pouvoir politique qu'aux performances au box office.
Depuis quelques années, ce dîner au cours duquel journalistes, chefs de rédactions et patrons de presse avaient l'habitude de briser la glace avec les responsables du gouvernement est devenu un rassemblement de célébrités, sponsorisé par les géants des médias tels que Bloomberg et destiné à attirer des stars mondiales du spectacle. On y a vu cette année, le rappeur sud-coréen Psy, Barbra Streisand, les acteurs d'Hollywood Bradley Cooper, Michael J. Fox, Kevin Spacey, Michael Douglas, Nicole Kidman et Daniel Day-Lewis ou encore les réalisateurs Steven Spielberg et George Lucas.
Un show Obama pendant 20 minutes
Obama a plaisanté sur sa réélection et le fait qu'il avait pris de la bouteille dans le métier avec de l'autodérision à tous les étages. Mais «aujourd'hui quand je me regarde dans la glace je dois admettre que je ne suis plus le jeune socialiste musulman fringant que j'étais,» a-t-il dit se gaussant des croyances de certains ultra-conservateurs américains.
Il a ensuite montré des montages photo de lui avec une frange, comme celle de sa femme Michelle le jour de son intronisation en janvier dernier. La salle a éclaté en fous rires.

Dans sa grande opération de charme, façon stand-up, le locataire de la Maison Blanche en a profité pour égratigner ses adversaires républicains passés et futurs. Barack Obama s'en est pris au milliardaire Sheldon Adelson, qui a dépensé une fortune (100 millions de dollars) pour soutenir Mitt Romney et d'autres candidats républicains pendant la campagne de la présidentielle 2012, ainsi qu'aux grands médias et à plusieurs membres du Congrès.
Son prédécesseur George W. Bush n'a pas échappé au feu de la critique après l'inauguration jeudi d'une bibliothèque à son nom au Texas. Le président Obama a déjà prévu de construire la sienne juste à côté avec un panneau : La «Bibliothèque Blâmez Bush » avec un signe pointant vers le bâtiment de l'ancien président «sa faute».

Parmi les nombreuses plaisanteries politiques, le président démocrate a tiré à vue sur ses rivaux républicains. Il traînerait bien avec la conservatrice Michelle Bachman pour «brûler des livres».
VIDEO. L'intervention complète d'Obama (en anglais).

