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En génie du marketing qu’il a toujours été, le rockeur anglais a il est vrai, provoqué un émoi planétaire le jour de son 66e anniversaire, le 8 janvier dernier, en dévoilant une nouvelle chanson mélancolique en diable et en annonçant à la surprise générale un trentième album, alors qu’on le croyait au mieux retraité, au pire gravement malade.
14 titres inédits chantés par une voix intacte
Puis il a créé une immense attente en médiatisant deux premiers titres aux styles contradictoires. « Where Are We Now ? » ballade tout en claviers aux accents des années 1970. Et hier matin, « The Stars (Are Out Tonight) », électrique et tubesque dans la lignée de « China Girl »…
Dans sa globalité, l’album penche clairement du côté du deuxième single. Plus guitare que piano, plus rock qu’electro. Seulement deux vraies ballades sur 14 chansons (17 sur la version collector). Et des envies de prouver au monde qu’il faut toujours compter avec lui, comme il le clame dès le premier titre, sur le refrain viril de « The Next Day », « Here I Am, Not Quite Dying » : « Me voilà, pas vraiment mourant ».
Le son, mijoté avec le fidèle Tony Visconti, est percutant et moderne. Bourré de guitares sales et de saxo, « Dirty Boys » est un gros blues synthétique et sombre, à la Depeche Mode, « Love Is Lost » et « (You Will) Set The World on Fire » et leurs guitares metal clouent à la chaise, tout comme « How Does The Grass Grow? », ambitieux millefeuille de chœurs et de mélodies que n’aurait pas renié Queen.
A ceux que le timbre vieilli et vaporeux de « Where Are We Now? » inquiétait, sachez que la voix est non seulement intacte mais pleine d’énergie. Comme l’ensemble de l’album qui dure quelque cinquante minutes (sans les trois titres bonus). Bowie donne sans compter, ce qui est plutôt respectable en ces temps mercantiles, où la plupart des autres icônes rock, à commencer par les Rolling Stones, se contentent de sortir des best-of avec un ou deux inédits.
Allez, Bowie joue un peu avec la facilité dans le mélodieux mais classiquement pop « Valentine’s Day » ou dans « I’d Rather Be High », construit autour d’un motif de guitare très U2. Mais entre ce titre très marqué « Ziggy Stardust » et « If You Can See Me » ou « Dancing Out in Space », qui rappellent le Bowie funk de « Let’s Dance », on survole près d’un demi-siècle de carrière sans tomber dans la redite. « The Next Day » apparaît même comme son album le plus séduisant depuis « Scary Monsters », en 1980. La légende est bien vivante.
