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«Nous sommes convaincus que le traitement en milieu fermé ne s’impose pas.» Mercredi, la procureure a renoncé à plaider l’internement durant une audience exceptionnelle. Il s’agissait de décider du sort d’un pédophile arrivé à la fin de sa peine. Expert psychiatrique, Ministère public et avocat n’ont réclamé qu’un suivi psychologique. La justice avait pourtant vivement réagi après que le quinquagénaire avait profité de sa liberté conditionnelle pour partir quatre mois aux Antilles. «La justice ne punit pas un bon bol d’air frais», a déclaré la magistrate, reprenant les propos du prisonnier.
Crime insoutenable, procès glaçantL’homme, libéré aux deux tiers de sa peine de 12 ans de prison, n’avait pas respecté les consignes. Il avait travaillé dans une école sans en aviser les autorités. Sa consommation d’alcool avait décuplé, son suivi psychiatrique n’était pas assuré et il était «isolé». Un contexte semblable à celui de son crime...
Ebranlée par les meurtres de Marie et d’Adeline, la justice a paniqué. L’homme a été remis en prison dès son retour de vacances et sa libération, prévue en octobre prochain, remise en cause. Selon l’avocat, le «contexte politico-juridico-médiatique» a participé de cette surréaction. Vendredi, les juges diront s’ils suivent cette tendance. Une tâche d’autant plus ardue qu’ils se retrouvent dans le collimateur d’une initiative visant à les condamner eux-mêmes, s’ils libèrent trop facilement des criminels dangereux.