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Ceux qui ne voteront pas pour
On sait déjà qui votera contre : l'UMP (199 députés), l'UDI (29 députés en l'absence de Jean-Louis Borloo), éventuellement quelques élus ultra-marins qui siègent au côté du Front de gauche et des non inscrits (dont les trois d'extrême droite), soit au maximum 250 députés s'ils sont tous présents.
Au nom des parlementaires communistes et Font de gauche, Eliane Assassi, présidente du groupe communiste au Sénat, a été reçue ce lundi par le Premier ministre. A l'issue de cette rencontre, elle a regretté la confirmation par Manuel Valls du Pacte de responsabilité (voir encadré ci-dessous), dont «aucun vernis social ne pourra masquer l'ancrage profondément libéral». En tout état de cause, les élus communistes et Front de gauche devraient choisir mardi entre un vote hostile ou l'abstention. Plus tôt ce lundi, le sénateur Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche, avait estimé que le gouvernement de Manuel Valls «ne méritait pas» la confiance.
Les écolos hésitent toujours
Les 17 députés écologistes, qui ont refusé d'entrer dans son gouvernement, hésitent encore entre la confiance et l'abstention. Après avoir rencontré le Premier ministre ce lundi à 16 heures, les chefs de file des parlementaires EELV, François de Rugy, Barbara Pompili et Jean-Vincent Placé, ont répété qu'ils prendraient leur décision mardi matin.
En principe, Manuel Valls devrait toutefois obtenir la majorité, à moins d'une rébellion d'au minimum de 50 députés PS, ce qui serait énorme. Les députés socialistes (291 dans l'hémicycle) et radicaux de gauche (17) devraient voter la confiance. Même si une centaine de députés PS lui mettent la pression depuis une semaine, nombre d'entre eux ont déjà indiqué qu'ils voteraient la confiance. L'incertitude porte cependant sur quelques figures de l'aile gauche du PS, comme Henri Emmanuelli qui menace de s'abstenir si le Parlement n'est pas appelé à se prononcer spécifiquement sur le pacte de responsabilité.
Mardi dans son discours de politique générale, Manuel Valls devra, entre autres, clarifier la politique économique du gouvernement. Il doit notamment détailler le pacte de responsabilité aux entreprises, promis en janvier par François Hollande pour baisser le coût du travail. Dans la foulée, son gouvernement engagera sa responsabilité dans un vote qui remplacera celui prévu sur le pacte.
Et c'est justement ce qui crispe une partie de la majorité, des proches de Martine Aubry à l'aile gauche du PS, ainsi que les élus communistes et du Front de gauche. Le Premier ministre, qui tente de rassembler une majorité la plus large possible, a reçu dimanche en fin d'après-midi à Matignon une délégation de parlementaires socialistes qui ont signé le «contrat de majorité». Il s'agit d'une sorte de pétition, signée par près d'une centaine de parlementaires socialistes. Ces élus attendent notamment que le Premier ministre «dise explicitement mardi qu'il soumettra le Pacte (ndlr. de responsabilité) à la délibération, aux amendements et au vote des députés pour pouvoir le réécrire et le réviser» explique le député PS Pouria Amirhashi, l'un des signataires.
Ce lundi, le député des Landes Henri Emmanuelli, qui a aussi signé ce «contrat», a menacé de s'abstenir si le Parlement n'est pas spécifiquement consulté sur le Pacte de responsabilité. Dire que «le vote pour l'un vaudra pour l'autre», c'est «inconcevable» juge-t-il. Toutefois, le député PS Jean-Marc Germain, un proche de Martine Aubry, a assuré que ce «contrat de confiance» n'était pas une motion de défiance vis-à-vis du Premier ministre.
Une majorité de 302 voix contre 225 pour Ayrault
Le 3 juillet 2012, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault avait obtenu une majorité de 302 voix contre 225. Les écologistes avaient voté pour, le Front de gauche s'était abstenu. Vingt-sept députés socialistes n'avaient pas pris part au vote car la plupart étaient devenus membres du gouvernement et leurs suppléants n'avaient pas encore pris leurs fonctions. Durant le mois qui avait suivi leur entrée au gouvernement, les nouveaux ministres étaient restés formellement membres de l'Assemblée mais ne pouvaient participer aux scrutins.
Cette fois-ci tous les socialistes devraient pouvoir prendre part au vote car aucun député n'est devenu ministre à la faveur du remaniement. Certains deviendront probablement secrétaires d'Etat, mais leur nomination ne sera annoncée que mercredi. Quant aux membres de l'ancien gouvernement qui n'ont pas été repris, ils retrouveront leur siège dans un mois s'ils étaient députés, mais d'ici là leurs suppléants continuent de siéger.

