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Un homme de 60 ans est d'accusé d'avoir illégalement exercé le métier d'architecte pendant 30 ans THOMAS SAMSON AFP
</aside>PROCES - Ecoles, polyclinique, crèche, salle communale... En trente ans de métier, Philippe Leblanc s’est construit un palmarès honorable d’architecte, mais sans jamais avoir le diplôme…
Le procès de Philippe Leblanc, 60 ans, a débuté ce lundi après-midi à Versailles (Yvelines). Le tribunal correctionnel lui reproche des faits non prescrits «d’escroquerie» et «d’usurpation de diplôme» de 2009 à 2013 et d’avoir illégalement répondu à des marchés publics sur cette période pour un montant d’honoraires de 926.000 euros. A son actif: des écoles, une polyclinique, une crèche…
Usurpateur peut-être, mais «pas un escroc, c’est certain», assurait en janvier l’avocat de Philippe Leblanc, Me Pascal Fournier, avant une audience renvoyée pour la deuxième fois.
Philippe Leblanc, notable de la région de Mantes-la-Jolie, ancien président du Lion’s club local, avait démarré sa carrière en tant que maître d’œuvre et ingénieur avec de petits chantiers mais, le succès grandissant, il s’était lancé dans des constructions plus ambitieuses et pour lesquelles le recours à un architecte -profession réglementée- est obligatoire.
Problème: le prévenu n’était pas allé au bout de ses études d’architecture. «Pour des raisons qu’il ne s’explique pas, il n’a jamais déposé son mémoire de fin d’études», avait expliqué son avocat.
«Il n’a pas attaché d’importance à quelque chose qui était primordial. Il s’est dit: "Je le ferai plus tard" et ça a duré trente ans». Preuve, selon son avocat, que ce «loupé irrationnel» l’affectait, le sexagénaire a repris ses études en vue de décrocher le précieux sésame.
Durant toutes ces années, personne ne s’est douté de rien. Philippe Leblanc présentait des cartes de visite d’architecte et utilisait le numéro de l’ordre de son beau-frère architecte… en Lozère.
«Mais tout ce qu’il a fait, il l’a bien fait», clamait son avocat, l’avocat de l’assureur du prévenu, Me Emmanuel Raynaud, évoquant au contraire «des constructions non terminées et des malfaçons». Mais selon lui, le débat ne porte pas sur le talent de l’architecte: «Le préjudice est dans la tromperie en elle-même.»
«On est tombé de l’armoire, jamais on n’aurait imaginé qu’il avait falsifié ses déclarations, d’autant que c’était un bon professionnel», raconte Eric Roulot, le maire PCF de la commune de Limay, où est installé l’architecte, «quelqu’un de connu et apprécié ici».
L’homme avait été démasqué par un médecin à la suite d’un différend sur un projet. En menant sa petite enquête, le docteur avait découvert que le prévenu était inconnu à l’ordre des architectes et avait porté plainte en 2012.