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ZONE EURO : L'Italie adopte définitivement son plan d'austérité

L'Italie adopte définitivement son plan d'austérité

LEMONDE.FR avec AFP, Reuters | 14.07.11 | 15h27   •  Mis à jour le 15.07.11 | 20h02

 

Silvio Berlusconi avait appelé à l'unité pour accélérer l'adoption du plan de rigueur par le Parlement.

Silvio Berlusconi avait appelé à l'unité pour accélérer l'adoption du plan de rigueur par le Parlement.AFP/ALBERTO PIZZOLI

 

Le Parlement italien a donné son feu vert définitif, vendredi 15 juillet, à un plan d'austérité renforcé visant à éviter une contagion de la crise de la dette qui mettrait en danger l'ensemble de la zone euro.

Après avoir été adopté au pas de charge jeudi par le Sénat, ce plan de près de 48 milliards d'euros a été entériné définitivement par la Chambre des députés vendredi, par 314 voix pour et 280 contre. Une rapidité inédite dans l'histoire de l'Italie qualifiée de "miracle" par le président de la République Giorgio Napolitano qui a aussitôt promulgué la loi.

"L'Italie est plus forte même si les inconnues de la crise économique demeurent et qu'il faut dépasser des points critiques qui empêchent la croissance de l'économie", a déclaré le chef du gouvernement Silvio Berlusconi.

QUASI-ÉQUILIBRE BUDGÉTAIRE EN 2014

Le but du plan est de permettre à l'Italie de parvenir à un quasi-équilibre budgétaire en 2014 et de réduire sa dette, car une propagation de la crise au pays pourrait mettre à genoux toute la zone euro dont la Péninsule est la troisième économie.

Parmi les mesures figurent le lancement d'un processus de privatisations en 2013, l'introduction d'un ticket modérateur sur les consultations médicales, le gel des salaires et des embauches dans l'administration, et une importante réduction des dotations des collectivités locales. Sans oublier des conditions plus sévères pour les retraites.

"UN PLAN QUI FRAPPE LES PLUS FAIBLES"

Le texte suscite cependant de vives critiques dans le pays.  "Il frappe les plus faibles et les pauvres gens (...), ne fait rien pour la croissance et ne nous met pas à l'abri de la tempête",   a lancé le leader du Parti démocrate Pier Luigi Bersani. Antonio Martino, ancien ministre de la défense de Silvio Berlusconi, a dénoncé de son côté une "cochonnerie" tandis que la "patronne des patrons" Emma Marcegaglia a critiqué un plan "fondé en substance sur une hausse des impôts" et ne taillant pas assez dans les privilèges de la classe politique.

L'Italie est prise pour cible par les marchés en raison de son énorme dette publique de 1 900 milliards d'euros, représentant environ 120 % du PIB, ce qui fait dangereusement grimper le coût de l'emprunt pour le pays. Malgré l'adoption de ce plan, la tension demeurait sur les marchés et les taux italiens progressaient en fin de journée.

"La très grosse dette publique reste le point le plus vulnérable de l'économie italienne, particulièrement dans ce climat de forte incertitude et de crainte des marchés", a souligné dans une interview à La Repubblica le commissaire européen aux affaires économiques, Olli Rehn.

Les chiffres alarmants de la pauvreté

Selon l'Institut national des statistiques (Istat), l'Italie comptait fin 2010 plus de huit millions de personnes vivant dans la pauvreté. D'après les dernières données disponibles, 8 272 000 personnes, soit 13,8 % de la population, sont considérées comme "relativement pauvres", c'est-à-dire ayant un revenu inférieur à 992,46 euros par mois pour deux personnes, en hausse par rapport à 2009.

La pauvreté relative a augmenté, entre autres, parmi les familles ayant cinq ou davantage de membres, passant de 24,9 % à 29,9 %, et parmi les familles monoparentales, passant de 11,8 % à 14,1 %. Elle sévit également parmi les familles ayant trois enfants mineurs ou davantage ainsi que dans les foyers de personnes âgées où seul un membre dispose d'une retraite.

L'Italie compte aussi 3,129 millions de personnes, soit 5,2 % de la population, vivant dans la "pauvreté absolue", un chiffre relativement stable par rapport à 2009.

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