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Accord Ukraine-Russie: l'opposition voit l'indépendance en péril

Accord Ukraine-Russie: l'opposition voit l'indépendance en péril

Créé le 18/12/2013 à 09h40 -- Mis à jour le 18/12/2013 à 18h20
Une manifestante ukrainienne à Kiev devant un poster géant de l'ex-Première ministre Yulia Timochenko, le 13 décembre 2013
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Une manifestante ukrainienne à Kiev devant un poster géant de l'ex-Première ministre Yulia Timochenko, le 13 décembre 2013 AFP

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Kiev - L'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko a estimé que l'indépendance de l'Ukraine était en péril, et l'UE a regretté la décision de Kiev, mercredi au lendemain d'un accord avec la Russie qui apporte à l'Ukraine 15 milliards de dollars.

«Cela peut être le début de la fin de l'indépendance de l'Ukraine», a déclaré Mme Timochenko, ex-Premier ministre ukrainienne et adversaire politique du président Viktor Ianoukovitch, emprisonnée depuis 2011.

Elle a répété son appel à des sanctions européennes contre M. Ianoukovitch, dans cet entretien réalisé avant l'accord de mardi et mis en ligne mercredi sur le site de son parti.

Les responsables européens se son montrés plus mesurés, au lendemain de la visite du président Viktor Ianoukovitch à son homologue russe Vladimir Poutine, et de l'annonce en grande pompe des accords au Kremlin.

Par ces accords, la Russie accorde 15 milliards de dollars à l'Ukraine en achetant ses obligations, abaisse d'un tiers le prix du gaz qu'elle lui livre, au niveau préférentiel réservé à certains pays de l'ex-URSS, et lève les obstacles au commerce imposés ces derniers mois.

«Je regrette la décision du président Ianoukovitch de ne pas signer, ou du moins de ne pas signer pour le moment» l'accord d'association entre l'Ukraine et l'Union européenne, mais «l'offre reste sur la table», a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel lors d'un discours devant les députés allemands.

La présidence lituanienne de l'Union européenne a estimé de son côté que l'accord signé par l'Ukraine avec la Russie n'était qu'une «solution temporaire» et ne faisait que retarder une crise imminente, sans relever les défis à long terme.

L'accord entre Kiev et Moscou «aura du mal à calmer» les manifestants pro-européens de la place de l'Indépendance dans la capitale ukrainienne, a encore estimé le ministre lituanien des Affaires étrangères Linas Linkevicius.

Mercredi matin, le Premier ministre ukrainien Mykola Azarov a cependant mis en garde contre la poursuite des manifestations de l'opposition pro-européenne, qui conteste dans la rue depuis près d'un mois la volte-face du pouvoir sur l'accord d'association avec l'UE, qui était pourtant en préparation depuis trois ans.

«On ne laissera plus personne déstabiliser la situation», a déclaré M. Azarov en ouvrant le Conseil des ministres.

L'opposition avait manifesté dès mardi soir sa dénonciation à l'accord avec Moscou, rassemblant 50.000 personnes.

Les Etats-Unis ont à leur tour mis en garde la direction ukrainienne, estimant que l'accord avec Moscou ne calmera pas «les inquiétudes de ceux qui se sont rassemblés pour protester dans toute l'Ukraine».

 

Un accord «historique»

 

Dans l'immédiat, le Premier ministre Mykola Azarov s'est de son côté félicité d'un accord «historique».

L'accord d'association avec l'Union européenne «aurait entraîné la faillite et l'effondrement socio-économique», a-t-il déclaré, reprenant les arguments avancés ces dernières semaines par les dirigeants russes pour dissuader l'Ukraine.

Pour signer l'accord d'association avec l'UE, l'Ukraine aurait dû accepter les conditions du Fonds monétaire international telles que la hausse des tarifs du gaz pour les particuliers, la dévaluation de la devise nationale ou le gel des salaires, tout en achetant le gaz russe au prix fort.

Vladimir Poutine a à l'inverse souligné mardi devant les caméras que l'apport de fonds de Moscou n'était lié à aucune condition de ce type.

M. Azarov a fait peser sur l'opposition, et en particulier sur Mme Timochenko, qui fut l'un des leaders de la révolution orange pro-occidentale de 2004 et était au pouvoir avant l'élection de M. Ianoukovitch en 2010, la responsabilité de la situation économique actuelle du pays.

«Le précédent contrat gazier (conclu par le Premier ministre de l'époque Ioulia Timochenko aujourd'hui en prison, ndlr) saignait l'économie ukrainienne depuis trois ans et demi», a-t-il dit.

«Le président a mis un terme à cette trahison des intérêts nationaux, dont sont responsables les mêmes forces politiques qui provoquent aujourd'hui l'instabilité dans le pays», a-t-il poursuivi.

Le nouveau ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a de son côté jugé «révoltante» la manière dont la Russie «a exploité la situation d'urgence économique de l'Ukraine».

Mais il a estimé que les Européens avaient peut-être aussi sous-estimé à la fois la détermination de la Russie à ne pas laisser l'Ukraine s'associer avec l'UE, et le niveau d'aide économique qu'il convenait de proposer à Kiev.

© 2013 AFP
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