Deux accidents dans les barrages des agriculteurs en IDF, avec un mort. Danger! J'appelle à lever immédiatement les barrages #responsabilité
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Le « blocus de Paris » annoncé par les agriculteurs d’Ile-de-France mobilisés dès l’aube pour faire entendre leur colère contre le gouvernement , devait se dérouler sans heurts. Ce n'a pas été le cas. "Deux accidents dans les barrages des agriculteurs en IIe-de-France, avec un mort. Danger! J'appelle à lever immédiatement les barrages ", a twitté jeudi un peu avant 9h00 le ministre le délégué aux Transports, Frédéric Cuvillier. Un pompier de 28 ans est mort dans le Val-d’Oise après avoir été « percuté par un poids lourd ». L'accident a eu lieu "à environ 2 km du rond-point dit de +La Croix Verte+, sur la Francilienne (N104), dans le sens ouest-est", a précisé la Préfecture (voir encadré) qui a ouvert une enquête judiciaire.
Et six CRS ont été blessés lors d’un second accident lors d’une collision de leur véhicule avec un camion « dans le cadre des barrages mis en place par les céréaliers », a déclaré le ministre sur i>TELE.
Deux accidents dans les barrages des agriculteurs en IDF, avec un mort. Danger! J'appelle à lever immédiatement les barrages #responsabilité
Un appel entendu. " Tous les barrages ont été levés", a indiqué aux Echos le vice-président de la Fédération des syndicats d’exploitants agricoles d’Ile-de-France (FDSEA) Jean-Claude Guëhennec. Il ajoute que les appels à l’action lancés pour les régions Centre, le 26 novembre et Nord-Pas-de-Calais, le 29 novembre , sont, eux, maintenus. « L’accident n’ aucun rapport avec le blocage, il s’est produit à un kilomètre des barrages » (....) Au niveau du gouvernement, on n’est pas à une pirouette près pour démonter nos actions et les décrédibiliser », a cependant relevé le président de la FDSEA francilienne, Damien Greffin qui a confirmé l'appel à une nouvelle mobilisation le 29 novembre en région parisienne (voir ci-dessous).
La puissante FNSEA a indiqué qu’elle se prononcerait dans la journée. Avant l'annonce des accidents, le ministre des Transports avait fait part de son incompréhension en réponse à la volonté des agriculteurs franciliens de paralyser le réseau routier. "Ca n'est pas en bloquant et en lançant des ultimatums qu'on règle les choses (...). Ca n'est pas compréhensible: imaginez que les vacanciers bloquent en période de moisson tous les accès aux tracteurs", avait réagi le ministre au micro de RMC.
Le Centre régional d’information et de coordination routières (CRICR) notait peu après 09H00 que « les déplacements en Ile-de-France sont rendus difficiles par ces opérations » des agriculteurs. Il notait des perturbations dans l’Essonne en direction de Paris sur l’A6 près d’Auverneaux, où deux voies sont neutralisées par un barrage filtrant, ainsi que sur la N20 au niveau d’Etampes, où quelque 200 agriculteurs et une cinquantaine de tracteurs organisaient un barrage filtrant. Sur la N12, la circulation était coupée à hauteur du tunnel de Jouars-Pontchartrain (Yvelines), ce qui entraînait des ralentissements jusqu’à Dreux (Eure-et-Loir). « Non au racket fiscal, Le Foll Démission », « Marre des taxes, et vous? » pouvait-on lire sur des pancartes collées sur la trentaine de tracteurs déployés à l’aube jeudi au péage de St Arnoult (Yvelines).
La porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem a répondu à la mobilisation de ces agriculteurs, principalement des céréaliers, en déclarant qu'en réorientant la politique agricole commune (PAC), le gouvernement a voulu améliorer le situation des éleveurs. "Nous avons fait en sorte que la politique agricole commune puisse réorienter quelque 1 milliard d'euros en faveur des éleveurs qui étaient particulièrement précarisés. Leur niveau de revenu moyen est bien inférieur au revenu des céréaliers, nous avons voulu répondre à cette question", a-t-elle déclaré jeudi sur iTélé. Ce que souligne un twitt du ministre délégué à l'Agriculture, Guillaume Garrot.
2/2 Petit rappel sur le revenu agricole moyen en 2012: éleveur viande bovine 17 000 €, céréalier 76 000 €...
Mais les céréaliers ? "Quant aux céréaliers, voyez ce que le gouvernement a fait depuis des mois en faveur des agriculteurs. Quand nous faisons en sorte que le Crédit impôt compétitivité emploi soit utilisé par ces agriculteurs, ça veut dire un allègement de charges sur un salarié qu'ils embauchent. Quand nous faisons en sorte de suspendre l'application de l'écotaxe, c'est une réponse directe qui est apportée notamment au secteur agroalimentaire", a poursuivi la ministre. "Nous avons fait beaucoup depuis 18 mois et nous allons continuer. Un grand plan pour l'agriculture va être adopté et la FNSEA a été associée", a-t-elle conclu.
Evoquant les céréaliers, Jean Glavany, député (PS) des Hautes-Pyrénées et ministre de l'Agriculture, s'est emporté : "Ce sont les plus subventionnés. 80% des primes vont aux 20% des plus gros agriculteurs. Nous avons besoin de faire preuve de solidarité à l'égard des plus défavorisés, notamment les éleveurs mais aussi les petits paysans qui ne touchent pas un euro de prime PAC. Que ceux qui touchent le plus bloquent des routes, c'est un vrai scandale", a-t-il déclaré sur Europe 1.
La Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles d’Ile-de-France (FDSEA) et la section francilienne des Jeunes agriculteurs (JA) avaient leurs es adhérents à participer à un « blocus de Paris » pour protester contre un « cumul de taxes et de réglementations » (voir la position de la FDSEA sur ce point ) et contre la nouvelle PAC (voir la vidéo ci-dessous). En majorité céréaliers, ces agriculteurs protestent notamment contre le rééquilibrage des subventions européennes à leur détriment en direction de l'élevage, voulu par le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll (voir l'interview ci-dessous).« On parle des belles vaches, des beaux moutons mais jamais des problèmes. On va être écouté de manière impopulaire, mais on n’a plus le choix », a expliqué à l'AFP David Lavenant, céréalier de 37 ans. Il estime que la baisse des aides européennes va se traduire pour son exploitation de 200 hectares par une perte de 35.000 euros.
Dans une interview publiée jeudi par « Le Figaro », Stéphane Le Foll déplore la manifestation et rejette les appels à la démission. « Nous sommes toujours ouverts au dialogue », indique-t-il. « La preuve: il y a trois semaines nous avons rencontré le président de la chambre d’agriculture d’Ile-de-France ouest, qui nous avait fait part de son inquiétude concernant la majoration de la taxe sur le foncier non bâti en zones périurbaines. Nous l’avons écouté: l’amendement présenté par le gouvernement au projet de loi de finances 2014 a été adopté et l’agriculture sera exonérée de cette hausse », souligne-t-il.
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Les Echos