Le Premier ministre a apporté son soutien à la direction d'Air France face aux violences. Et contre les salariés ?
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Les prises de positions de Manuel Valls dans le dossier Air France n'ont pas vraiment fait l'unanimité. "Ce déchaînement médiatique et politique est démesuré", a déclaré le numéro un de la CGT Philippe Martinez, ajoutant :
Serait-il mal compris ? Mardi 6 octobre au soir, le Premier ministre, qui est passé au siège de la compagnie à Roissy-Charles-de-Gaulle en rentrant du Japon, est revenu sur les images montrant Xavier Broseta, DRH de la compagnie, et Pierre Plissonnier, DRH du long-courrier, vêtements déchirés, s'échappant devant des salariés en colère. Manuel Valls a fustigé des "images qui font mal à notre pays" et "l'oeuvre de voyous", plaidant publiquement pour des "sanctions lourdes à l'égard de ceux qui se sont livrés à de tels actes."
Manuel Valls fait donc partie des millions de personnes à travers le monde qui ont été choquées de voir un cadre d'une entreprise être la cible de violences physiques. Il s'est mis à dos par la même occasion les millions de personnes qui estiment que l'Etat actionnaire d'Air France devrait être du côté des salariés de la compagnie. Menacés de perdre leur emploi, "victimes d'une autre violence, sociale", comme disent certains ici ou ailleurs.
Un point de vue que le leader de la CGT résume diplomatiquement:
Pourtant le Premier ministre persiste et signe mercredi matin. "L'Etat soutient la direction", a-t-il déclaré au micro de RTL. Aurait-il décidé de soutenir publiquement le plan B d'Alexandre de Juniac, prévoyant la suppression de milliers d'employés d'une entreprise historique, image de la France dans le monde, autrefois fierté nationale, et dont l'Etat est encore actionnaire à hauteur de 17% ? Après tout, c'est un de ses proches collaborateurs, Gilles Gateau, son directeur adjoint à Matignon, qui doit prendre la direction des ressources humaines de la compagnie.
<aside class="lire"><header>Lire</header>Alexandre de Juniac, le PDG qui veut rétrécir Air France </aside>Réponse : non, le gouvernement ne soutient pas ce plan B.
Autrement dit, le gouvernement soutient le plan A : des négociations visant à réformer les conditions de travail des pilotes, dont la productivité, jugée trop faible, pèserait sur le développement du groupe.
En soutenant la direction, le Premier ministre souhaite avant tout mettre la pression sur le syndicat des pilotes.
D'autant que le plan A demande des efforts aux salariés les mieux lotis, les pilotes, alors que le plan B menacerait certes 300 pilotes, mais surtout 900 stewards et hôtesses, et 1.700 personnels au sol. Manuel Valls le dit clairement :
Le plan a-t-il été bien conçu ou bien vendu aux pilotes ? C'est une autre question.
D.H.