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LE MONDE | <time datetime="2015-10-06T17:33:45+02:00" itemprop="datePublished">06.10.2015 à 17h33</time> • Mis à jour le <time datetime="2015-10-07T10:24:52+02:00" itemprop="dateModified">07.10.2015 à 10h24</time> | Par Frédéric Lemaître
(Berlin, correspondant) lien
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Si leur intervention conjointe est bien entendu également destinée à mettre en avant la dynamique du moteur franco-allemand, les deux pays ne sont pas toujours, loin s’en faut, sur la même longueur d’onde. Petite revue des dossiers du moment.
Officiellement, les deux pays sont sur la même ligne. Depuis des mois, le ministre français de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, n’a de cesse de s’afficher aux côtés de Thomas de Maizière, son homologue allemand. En fait, la France a longtemps été hostile à la politique de quotas proposée par l’Union européenne et soutenue par l’Allemagne, qui y voit un moyen de limiter le nombre de réfugiés qu’elle accueille, en partageant cette responsabilité avec ses voisins. Même si l’Allemagne n’a jamais critiqué publiquement le peu d’empressement de Paris de recevoir des réfugiés, elle constate que son voisin, volontiers donneur de leçons en matière de droits de l’homme, en accueille beaucoup moins qu’elle.
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En juillet, François Hollande avait évoqué une « avant-garde » au sein de l’Union européenne, avec un gouvernement de la zone euro doté d’un budget spécifique et d’un Parlement. Pour le moment, Angela Merkel s’en tient à la contribution que François Hollande et elle-même avaient envoyée le 23 mai à Jean-Claude Juncker, le président de la Commission. Les deux dirigeants ont alors proposé que la zone euro se dote d’un programme dans « quatre domaines d’action, qui devraient être développés dans le cadre des traités actuels dans les prochaines années » : la politique économique, la convergence économique, fiscale et sociale, la stabilité financière et les investissements, et la gouvernance de l’union monétaire. Un document qui semblait également adressé à David Cameron. Le premier ministre britannique souhaite en effet obtenir de ses partenaires une révision des traités, non pas pour renforcer l’Union européenne, mais au contraire pour renforcer les prérogatives des Etats. Avec ce document, Angela Merkel et François Hollande tentent d’avoir une position commune face au premier ministre britannique, même si les responsables politiques allemands semblent davantage craindre un « Brexit » que leurs homologues français.
Après l’élection d’Alexis Tsipras en janvier, Angela Merkel et François Hollande ont très vite joué une partition commune face au premier ministre grec. En Allemagne, alors que des voix de plus en plus nombreuses, dont celle du ministre des finances, Wolfgang Schäuble, se prononçaient en faveur d’un « Grexit » au moins temporaire, Angela Merkel a compris que c’était une ligne rouge pour François Hollande et que, par conséquent, elle n’entendait pas la franchir.
Si Berlin a vu d’un bon œil les promotions de Manuel Valls et d’Emmanuel Macron durant l’année 2014, l’Allemagne s’inquiète toujours du manque d’allant de la France pour les réformes structurelles. La récente proposition du commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, Pierre Moscovici, de prendre en compte le coût de l’accueil des réfugiés dans le calcul des déficits publics de certains pays a été vue à Berlin comme une nouvelle tentative de Paris de ne pas se soumettre à la discipline européenne.
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L’Ukraine est sans doute le dossier qui a le plus contribué à rapprocher le président socialiste de la chancelière conservatrice. Berlin ne voulait pas se trouver seul face à Moscou pour tenter de régler ce conflit. Par ailleurs, Paris entendait être associé pour asseoir son statut de grande puissance. La négociation des accords de Minsk, en février, a été l’occasion pour le président et la chancelière de travailler très étroitement ensemble.
Sur la Syrie, la France et l’Allemagne n’ont pas tout à fait le même point de vue quant à l’avenir du président syrien. François Hollande fait partie des « durs » qui pensent que celui-ci doit partir pour permettre de trouver une solution à la guerre civile. Angela Merkel juge qu’il faut parler avec tous les interlocuteurs et que Bachar Al-Assad fait partie de la solution. De même, l’Allemagne semblait ces derniers jours moins critique à l’égard de l’intervention russe en Syrie que d’autres pays occidentaux, notamment la France.