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Allemagne : Merkel et le SPD s'entendent pour gouverner

Allemagne : Merkel et le SPD s'entendent pour gouverner

Publié le 27.11.2013, 08h02 | Mise à jour : 09h27

 La chancelière allemande Angela Merkel a trouvé un accord mercredi avec le parti social démocrate (SPD) pour un gouvernement commun, deux mois après sa victoire sans majorité absolue aux législatives, ont indiqué à l'AFP des sources proches des négociations. 

La chancelière allemande Angela Merkel a trouvé un accord mercredi avec le parti social démocrate (SPD) pour un gouvernement commun, deux mois après sa victoire sans majorité absolue aux législatives, ont indiqué à l'AFP des sources proches des négociations. | Johannes Eisele
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Gauche et droite ont fait des concessions, et s'apprête à gouverner l'Allemagne pour un troisième mandat de quatre ans. Deux mois après sa victoire sans majorité absolue aux législatives, la chancelière conservatrice (CDU/CSU) a conclu ce mercredi un accord de coalition avec ses rivaux du SPD. Cet accord doit encore être approuvé par les militants socio-démocrates lors d'un référendum début décembre, dont le résultat est incertain. Mais si la base du SPD donne son feu vert, les députés du Bundestag devraient alors élire Angela Merkel le 17 décembre à la d'un de "grande coalition", comme lors de son premier mandat (2005-2009).

En un mois de tractations, conclues par une séance de négociations de 17 heures achevée mercredi au petit matin, Angela Merkel a consenti plusieurs concessions majeures qui pourraient aider à vaincre les réticences des militants du SPD à s'allier avec un parti de droite. «C'est un paquet (de mesures) que nous pouvons présenter à nos militants et auquel nous pouvons dire oui», a ainsi commenté à l'issue des négociations la secrétaire générale du SPD, Andrea Nahles.

Création d'un salaire minimum. Cette dernière a obtenu la création d'un salaire minimum de 8,50 euros de l'heure à partir de 2015. Il ne devrait cependant s'appliquer à l'ensemble des branches qu'à partir de 2017 et de nombreux détails restent à clarifier. Les sociaux-démocrates avaient posé comme condition à tout accord l'adoption de cette mesure phare de leur programme électoral.

Ce salaire minimum serait une première dans ce pays qui s'en remettait jusqu'ici exclusivement aux partenaires sociaux pour régler les questions salariales. Il devrait améliorer le pouvoir d'achat de millions de salariés. Selon l'institut économique DIW, 5,6 millions de personnes, soit 17% des salariés allemands, gagnent actuellement moins de 8,50 euros. Ces hausses de salaires vont aussi dans le sens des demandes formulées récemment par l'OCDE, le FMI, la Commission européenne ou encore la France de stimuler la consommation et l'investissement en Allemagne.



Amélioration des petites retraites. Les sociaux-démocrates ont aussi obtenu un plan d'amélioration des retraites pour les petits salaires, ainsi que la possibilité d'un départ à 63 ans (au lieu de 67) pour les salariés ayant cotisé 45 ans. L'ensemble des mesures sociales et investissements prévus dans le projet de "grande coalition" devrait représenter 23 milliards d'euros, financés sans augmentation de la fiscalité. «Le résultat est bon pour notre pays, il porte largement l'empreinte des chrétiens-démocrates», a déclaré Hermann Gröhe, secrétaire général de la CDU, se félicitant d'avoir écarté les hausses d'impôts initialement souhaitées par le SPD.

Code de la nationalité et vignette auto. Le parti social-démocrate a aussi obtenu gain de cause sur une de ses revendications sociétales majeures : la possibilité d'accorder une double nationalité aux enfants d'étrangers nés en Allemagne. Enfin, SPD et CDU/CSU se sont mis d'accord sur une vignette automobile pour financer les autoroutes.

Les militants SPD voteront en décembre
Le SPD prévoit de consulter ses quelque 470.000 adhérents entre les 6 et 12 décembre et de rendre public le résultat avant le 15 décembre, soit deux jours avant la date envisagée pour la réélection d'Angela Merkel au poste de chancelière. Dès l'ouverture des négociations avec les conservateurs, le président du SPD Sigmar Gabriel avait promis de consulter la base sur tout accord de coalition pour lever les réticences de nombreux militants.
Il est vrai que la première expérience de gouvernement avec Angela Merkel avait valu au SPD le pire score de son histoire aux législatives de 2009 (23%). La perspective de gouverner avec les conservateurs ne suscite guère l'enthousiasme dans un parti encore traumatisé par l'héritage des réformes de l'Etat-providence lancées il y a dix ans par Gerhard Schröder qui ont durablement entamé l'image "sociale" du parti.


LeParisien.fr

 

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