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C’est le chiffre qui fait grincer des dents certains ouvriers et syndicats de PSA. Selon les chiffres publiés par la CGT de l’usine Sochaux en effet, Philippe Varin, qui va être remplacé à la tête du constructeur automobile par Carlos Tavares devrait bénéficier d’une retraite chapeau d’un montant de plus de 21 millions d’euros, après moins de cinq ans à la tête du groupe en difficulté. Une somme intégralement financée par l’entreprise et exonérée de charges sociales, selon le document publié par la CGT de Sochaux. Le chiffre n’est cependant pas une totale surprise puisqu’il était inscrit dans le document de référence du groupe automobile pour 2012 (voir le document ci-dessous).
Le sujet suscite a toutefois suscité de multiples réactions politiques ce mercredi. Et, au sein de l’entreprise, un véritable émoi. En fin de matinée, Philippe Varin a tenté de désamorcer la polémique; polémique qu’il comprend mais qui repose selon lui sur "sur des idées fausses", a-t-il indiqué sur France Info. Et de rappeler que lorsqu'il quittera le groupe, il ne touchera "aucune indemnité de départ". "En revanche, c'est vrai, je vais bénéficier d'une retraite complémentaire et à ce titre, je percevrai un montant net annuel d'environ 300.000 euros par an. Je ne toucherai ni maintenant ni plus tard la somme des 21 millions d'euros dont on parle", a-t-il encore affirmé.
Le président du directoire du constructeur automobile, qui devrait quitter ses fonctions au printemps, a encore précisé avoir demandé au « Haut Comité de Gouvernement d’Entreprise », l’instance déontologique autonome du patronat français, de « statuer sur (s)on cas » et assure qu’il ne touchera « pas un centime qui ne serait pas conforme à son avis ».
Des déclarations qui n’ont pas empêché à cette affaire de prendre une tournure politique au niveau gouvernemental. A la sortie du Conseil des ministres, Pierre Moscovici a jugé cette retraite chapeau "inappropriée". "Il faut évidemment tenir compte de la situation de l'entreprise, des sacrifices qui ont été faits par les salariés, tenir compte aussi du fait que l'Etat a accordé une garantie de 7 milliards d'euros pour la banque PSA Finance", a ainsi déclaré le ministre de l'Economie.
Plus direct, Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, a estimé de son côté que le montant de cette retraite chapeau devait être "reconsidéré".
L’affaire a été révélée par la CGT du site de Sochaux. «Pour garantir la retraite-chapeau de Philippe Varin, PSA a déjà mis de coté à son intention la modique somme de 20.968.000 d’euros. En retraite, il pourra continuer à toucher de PSA un million par an (2.740 euros par jour)», s’indigne-t-elle l, dans un communiqué publié sur son site Internet . « M. Varin ne va pas partir les mains vides. [...] 21 millions ont été mis de côté pour la retraite complémentaire de M. Varin pour quatre années passées à la tête du groupe. Bien sûr que c’est choquant, bien sûr qu’il devrait y renoncer», a estimé sur LCI Jean-Pierre Mercier, délégué syndical à l’usine d’Aulnay, en cours de fermeture.
PSA, de son côté, à tenté de désamorcer les informations mises en avant par les syndicats en rappelant que «Philippe Varin ne part pas en retraite» . « Sa pension de retraite totale, y compris les régimes de retraites obligatoires et conventionnels, s’élèverait à environ 310 000 euros par an, après charges fiscales et sociales (sur la base des règles en vigueur », écrit le groupe dans un communiqué diffusé mercredi. Autre argument relevé par la direction du constructeur, « le régime de retraite d’entreprise du Groupe, conforme aux recommandations du Code de gouvernement d’entreprise AFEP-MEDEF, a été approuvé par l’assemblée générale des actionnaires. »
Enfin, PSA rappelle que, devant les difficultés du groupe, qui l’ont amené à annoncer en juillet 2012 un plan de restructuration de 11.200 postes et la fermeture d’Aulnay, Philippe Varin avait dû renoncer en février dernier à la part variable de sa rémunération pour l’année 2012. Une décision qu’il avait également prise au titre de l’exercice 2011.
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