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Le Point.fr - Publié le <time datetime="2013-06-13T21:05" itemprop="datePublished" pubdate=""> 13/06/2013 à 21:05</time> - Modifié le <time datetime="2013-06-13T21:07" itemprop="dateModified"> 13/06/2013 à 21:07</time>
<figure class="media_article panoramique" itemprop="associatedMedia" itemscope="" itemtype="http://schema.org/ImageObject"> <figcaption>Claude Guéant à une réunion des amis de Nicolas Sarkozy, en avril 2013. © Antoine Antoniol </figcaption> </figure>
Pierre Estoup, Stéphane Richard et Jean-François Rocchi sont mis en examen dans l'affaire Tapie. Claude Guéant et François Pérol seront-ils les prochaines personnalités dans le collimateur de la justice ? On peut le penser. Stéphane Richard a affirmé aux enquêteurs que Bernard Tapie était présent en 2007 à une réunion à l'Elysée destinée à mettre en place une procédure d'arbitrage plutôt que de s'en remettre à la justice, dans son litige avec le Crédit Lyonnais sur la vente d'Adidas, a indiqué jeudi à l'AFP une source proche de l'enquête. Stéphane Richard, alors directeur de cabinet de Christine Lagarde, et Jean-François Rocchi, alors patron du Consortium de réalisation (CDR) chargé de gérer le passif du Crédit Lyonnais, étaient aussi là.
Les enquêteurs soupçonnent l'ex dircab d'avoir joué un rôle clé dans la mise en place de l'arbitrage. Interrogé par la brigade financière durant 48h, il leur a ouvert une piste : l'arbitrage a été décidé directement à l'Elysée, sous la houlette de son secrétaire général Claude Guéant et du secrétaire général adjoint François Pérol, selon les propos qu'il a tenus aux policiers de la brigade financière. Stéphane Richard a raconté avoir été "convoqué" à l'Elysée par le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, le 24 ou 25 juillet 2007, a indiqué à l'AFP la source proche de l'enquête. Jean-François Rocchi avait reçu le même convocation à cette réunion dont l'objet n'avait pas été précisé, a ajouté cette source. Claude Guéant a alors tranché : "Nous allons faire l'arbitrage", a rapporté Stéphane Richard aux enquêteurs. Lui-même et Jean-François Rocchi ont raconté avoir été "surpris", à leur arrivée au bureau de M. Guéant de se retrouver face à MM. Guéant, Pérol et Tapie, comprenant alors que la réunion avait pour enjeu l'arbitrage.
L'enquête a par ailleurs montré que Bernard Tapie avait eu de nombreux rendez-vous avec Nicolas Sarkozy lui-même. Contacté par l'AFP, l'entourage de Stéphane Richard n'a pas souhaité faire de commentaire. L'avocat de Jean-François Rocchi, Me Jean-Alain Michel n'a voulu "ni confirmer ni infirmer" l'information. Richard avait indiqué la semaine dernière à l'AFP avoir participé à une réunion de "validation" de l'arbitrage à l'Elysée, sans mentionner Bernard Tapie. Ce dernier interrogé jeudi par l'AFP a déclaré "ne pas se souvenir de cette réunion à cette date". Cependant "une réunion pour expliquer (sa) position" lui "paraît un processus logique, après que les liquidateurs de (son) groupe eurent suggéré l'arbitrage suite à l'échec de la médiation", entre le Crédit Lyonnais et le groupe Tapie. Si réunion il y a eu, "six mois avant l'arbitrage", il s'agirait en aucun cas d'une "réunion de validation" mais d'une "réunion d'information" afin d'évaluer "à quel point la solution de l'arbitrage a mis l'Etat à l'abri de très mauvaises surprises", a-t-il estimé.
"Quand c'est pas bidon, décider d'un arbitrage demande consultation, décision puis arbitrage", a-t-il fait valoir en précisant que Christine Lagarde avait ensuite "demandé des consultations à des spécialistes". Placé au coeur de l'affaire, Claude Géant, devrait être prochainement convoqué par les enquêteurs qui ont déjà perquisitionné son cabinet et son domicile. "Le prochain, c'est Guéant, c'est sûr", craint un responsable de l'UMP. Contacté par l'AFP, M. Guéant n'a pas donné suite. L'actuel président de la BPCE, François Pérol se défend d'avoir joué un rôle: "Il n'a pas travaillé à l'Elysée sur ce dossier là. C'était traité à Bercy", assure un proche du dossier. Très incertain, le maintien de M. Richard à la tête d'Orange sera décidé en début de semaine prochaine. Jean-François Rocchi va de son côté démissionner de son poste de PDG du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), le service géologique de l'Etat. Jean-Marc Ayrault a confirmé jeudi que l'Etat préparait un recours contre cet arbitrage, une démarche qui est de son "devoir" de l'avis de François Bayrou, le président du Modem, dénonçant "une manoeuvre" de gens qui "avaient décidé avant l'arbitrage ce que serait (son) résultat".