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Boris Cassel | Publié le 23.07.2013, 20h16 | Mise à jour : 24.07.2013, 11h10 lien
Vous trouvez les autoroutes hors de prix ? La Cour des comptes aussi. Commandé par la Commission des finances de l'Assemblée nationale et dévoilé ce mercredi matin, un rapport des Sages de la rue Cambon déplore la forte hausse des tarifs des péages.
«Des hausses de tarifs nettement supérieures à l’inflation».
«Pendant la période 2009-2012, pour la classe 1 (véhicules légers), la progression des tarifs a été particulièrement importante chez SAPN, ASF et Escota (2,2 % par an), Cofiroute (1,9 % par an), APRR et Area (1,8 %)», constate la Cour. Une hausse, rappelle-t-elle, «supérieure à l’inflation» (1,6 % par an). Résultat, en 2011, ces grandes entreprises ont engrangé 7,6 milliards d’euros de péages (dont 4,28Md€ pour Vinci ; 1,96 Mds€ pour APRR et 1,38 Mds€ pour la Sanef).« Les hausses ont été telles qu’en 2012, alors que le trafic a chuté fortement, le chiffre d’affaires péages s’est légèrement accru pour ASF, Escota, APRR et Area », remarquent les magistrats. Bref, elles gagnent à tous les coups.
Des tarifs «contestables».Comme le réseau autoroutier est concédé par l'État à des entreprises privées, les tarifs sont validés par le gouvernement. Ils sont négociés entre l'État et les entreprises pour plusieurs années pour cinq ans. Avec une logique, simple, (voire trop simple) : tout investissement est compensé par une augmentation de tarifs. En clair, les concessionnaires d’autoroutes n’ont pas à piocher dans leurs bénéfices pour investir. Pas illogique, selon la Cour, s’il s’agit d’un vrai plus pour l’usager (création de nouveaux tronçons, gros entretien etc.). Le hic, c’est qu’aujourd’hui, on est loin du compte. Un exemple : ces hausses de tarifs servent à financer la multiplication des «télépéages sans arrêt». Pour la Cour, la «légitimité» de la hausse des tarifs est «contestable». Qui plus est, selon elle, ce modèle ne peut qu’aboutir à une hausse «constante et continue des tarifs»
Plafonner les augmentations. Afin de «privilégier désormais l’intérêt des utilisateurs et, à terme, l'État,» la Cour préconise de limiter ces hausses par un système de plafonds. Mais surtout, elle demande à l'État de reprendre la main lors des négociations avec les sociétés d’autoroute. Car aussi, étonnant que cela puisse paraître, selon la Cour, il existe des «rapports déséquilibrés» entre l’Etat et ces sociétés. Et ce, au profit de ces entreprises qualifiées de «puissantes, adossées à de grands groupes, de BTP en particulier». Ainsi, selon les Sages de la rue Cambon, l’administration a «des difficultés à collecter les données nécessaires (à la bonne fixation des tarifs, ndlr) auprès des concessionnaires et à exercer les contrôles qui lui incombent».
DOCUMENT. Autoroutes : le rapport de la Cour des comptes