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Jean-François Copé, le président provisoire de l'UMP, a défendu la motion de censure à la tribune de l'Assemblée nationale. "Vous avez fait le choix d'imposer à tous les Français un choc fiscal sans précédent", a-t-il notamment lancé à l'adresse du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, qu'il accuse "d'avoir la certitude de ceux qui, persuadés d'être dans le vrai puisqu'ils sont dans la doctrine, marchent avec détermination vers l'abîme".
"Vous vous accrochez de façon presque infantile à l'idée que la croissance reviendra (...) vous êtes au pied du mur", a-t-il poursuivi. "Et si on arrêtait d'emmerder (sic) les Français ?", a-t-il aussi proposé, dans un style résolument offensif.
"L'heure de vérité a sonné: ou bien nous refondons notre modèle pour le rendre compétitif dans la guerre économique mondiale en cours, ou bien nous sortirons de l'Histoire", a-t-il lancé. "Il y a, à gauche, des figures qui pourraient vous inspirer. En France comme à l'étranger. Soyez Schröder lançant les réformes qui ont permis à l'Allemagne de sauver son modèle social en renforçant sa compétitivité", a-t-il dit au Premier ministre. "Soyez Blair modernisant dans un même mouvement et le Labour, et le Royaume-Uni. Soyez Pierre Mendès-France, lucide et apte à rejeter les réflexes de la gauche archaïque. Soyez Clemenceau, capable de choisir son pays plutôt que son parti", a-t-il ajouté. "Mais de grâce, de grâce, ne soyez pas le Mitterrand des nationalisations et de la retraite à 60 ans. Ne soyez pas le Jospin des 35 heures et des emplois jeunes", a poursuivi le député-maire de Meaux.
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault lui a répondu.
"Vous avez déposé le bilan de la France, et bien nous, nous le redressons", a-t-il dit, renvoyant la droite au bilan de Nicolas Sarkozy.
Jean-Marc Ayrault a énuméré les objectifs du gouvernement pour un "Etat désendetté qui soit respecté", "une fiscalité stable mais juste", "une économie affermie par la réindustrialisation et par l'écologie". Mais le Premier ministre a également souhaité, notamment, "des entreprises dont la compétitivité repose autant sur la montée en gamme, que sur leur qualité dans le dialogue social", de "nouvelles sécurités pour le travail qui cassent la logique du chômage de masse et la précarité et relancent la mobilité sociale et salariale". Il a souhaité de même "une protection sociale et assainie et plus juste", "une société responsabilisée et plus soudée qui fait vivre ses principes de laïcité et d'égalité des droits".
"Je salue Jérôme Cahuzac qui a fait preuve de dignité et de responsabilité en présentant hier sa démission", a lancé le Premier ministre a l'adresse de son "excellent ministre du Budget" qui vient de quitter le gouvernement pour répondre aux soupçons d'avoir eu un compte occulte en Suisse.
Jean-Marc Ayrault a pris des engagements sur le cumul des mandats. "Avant l'été je vous soumettrai le projet de loi abrogeant le cumul des mandats", a-t-il promis. "Les ordonnances à venir serviront exclusivement à nettoyer l'accumulation de normes bureaucratiques", a-t-il par ailleurs indiqué.
Le retrait des troupes françaises du Mali débutera "à partir de la fin du mois d'avril", a également indiqué le Premier ministre. Un débat aura lieu au Parlement sur ces quatre mois d'engagement conformément à la Constitution, a-t-il dit. Le Premier ministre a rendu un hommage vibrant à l'armée française engagée au Mali depuis le 11 janvier. Elle est "notre honneur", "elle est la preuve que la France peut être à la hauteur de ses ambitions et je m'y engage, elle continuera à le faire partout où ce sera nécessaire".
Jean-Louis Borloo prend désormais la parole au nom du groupe de centre-droit, l'UDI, tandis d'une partie des députés de gauche préfèrent quitter la salle. "Quel talent pour éviter de répondre aux questions que se posent les Français et les deux groupes de l'opposition", a-t-il lancé à Jean-Marc Ayrault, "les Français sont perdus, ils ne comprennent pas ce que vous faites".
Une fois que les différents orateurs auront terminé de parler, le texte de la motion de censure de l'UMP sera soumise au vote.
La dernière motion de censure déposée l'a été en juillet 2009 par les socialistes contre le gouvernement de François Fillon. Dans l'histoire de la Ve République, une seule motion de censure a été adoptée, en 1962, contre le gouvernement de Georges Pompidou. Le président de la République, le général de Gaulle, avait alors dissous l'Assemblée nationale.
Baptiste Legrand avec agences
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