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Un «crime politique parfait», pour les proches du «Cavaliere». A la veille du vote de la commission parlementaire sur la question ultra-sensible de la déchéance de son mandat de sénateur, Silvio Berlusconi s’est vu, à nouveau, condamner mardi définitivement par la Cour de Cassation. Mais cette fois-ci, c’est dans un procès civil qui porte sur une affaire de corruption opposant les groupes respectifs de Carlo De Benedetti et de Silvio Berlusconi sur le contrôle de l’éditeur Mondadori, il y a près de vingt ans.
Même si le montant des dédommagements a été légèrement revu à la baisse, de 564 à 494 millions environ, c’est une manne financière inespérée pour le groupe CIR (Compagnie Industriali Riunite) dirigé par Rodolfo de Benedetti, qui a succédé à son père au début de l’année.
«Il aura fallu huit degrés de juridictions, cinq au pénal et trois au civil, pour arriver à cette décision irréversible», s’est félicité Carlo De Benedetti, tout en rappelant avoir récemment transféré le contrôle de son groupe à ses trois fils. «Il me reste l’amertume d’avoir été empêché, à travers cette affaire de corruption, de développer le grand groupe d’édition que j’avais en vue», souligne Carlo De Benedetti.
Dans cette affaire, qui remonte à une vingtaine d’années, -où le groupe De Benedetti s’était vu ravir le contrôle de Mondadori par la Fininvest de Silvio Berlusconi- le «Cavaliere» s’est retrouvé accusé de corruption de magistrats pour parvenir à ses fins.
En juillet 2011, la Cour d’Appel avait déjà condamné la Fininvest à verser, sans délai, 564 millions d’euros au groupe De Benedetti. Ce montant ayant été réduit de 15% dans la décision définitive de la Cour de Cassation, la CIR va devoir reverser près de 70 millions d’euros à la Fininvest sur la somme qu’elle avait gelé dans ses comptes, en attendant le verdict final.
Une manne inespérée au moment où le groupe L’Espresso doit faire face à la crise du marché publicitaire. Malgré une situation très tendue pour l’ensemble de la presse quotidienne italienne, le groupe Espresso (propriétaire de «la Repubblica» et de «L’Espresso», ainsi que de 18 journaux locaux) reste l’un des rares éditeurs profitables dans la Péninsule, malgré une chute de 85% de son résultat, à 3,7 millions d’euros (sur un chiffre d’affaires de 370 millions d’euros) au premier semestre.
Face à l’érosion de ses marges, l’éditeur de «La Repubblica», aujourd’hui dirigé par Monica Mondardini, -qui dispose déjà d’une confortable avance sur ses concurrents dans le numérique (avec plus de 1,5 million de visiteurs uniques par jour)-, va peut-être ainsi pouvoir éviter, ou du moins limiter, les mesures d’économies «incisives» évoquées au début de l’été.