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Le cri d’alarme des associations n’aura pas été vain. Le gouvernement a décidé de débloquer 107 millions d’euros pour l’hébergement d’urgence des familles sans abri. Face à la nécessité de disposer rapidement des crédits, il ne va pas attendre le collectif budgétaire de la fin de l’année. La commission des Finances de l’Assemblée nationale et du Sénat seront saisies ce mercredi pour avis sur un projet de décret dit « d’avance ». Une procédure qui permet d’ouvrir des crédits en urgence s’ils sont gagés par des annulations de crédits par ailleurs.
Sur le terrain, la situation est critique. A Clermont-Ferrand, plus de 300 personnes s’étaient retrouvées à la rue début septembre. Faute de rallonges de l’Etat, l’association qui gère le 115 avait décidé de ne plus payer les hôteliers assurant l’hébergement d’urgence. L’affaire a fait grand bruit. Et pour la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (Fnars), ce cas risquait de ne pas rester isolé sans réaction de l’Etat.
Sans mise à disposition rapide des crédits, certains services déconcentrés de l’Etat allaient être dans l’impossibilité de payer des gestionnaires associatifs des dispositifs d’accueil « dès la fin du mois de septembre », estime le gouvernement, A l’approche de l’hiver « des personnes hébergées en hôtel, qui comprennent principalement des familles avec enfants, pourraient se retrouver sans hébergement », poursuit-il, Avec le risque de recours, potentiellement coûteux pour les finances publiques.
Ce n’est pas nouveau, les crédits initiaux pour l’hébergement d’urgence sont constamment sous-estimés dans le budget. Cela est particulièrement vrai depuis le début de la crise. Pour 2013, le budget dédié était pourtant déjà en nette hausse (+ 12 %), incluant la création de 500 places d’hébergement d’urgence. Mais depuis, le gouvernement a annoncé de nouvelles places d’hébergement dans son plan pluriannuel contre la pauvreté (112 millions d’euros). La nouvelle enveloppe vise donc à honorer les versements prévus pour créer ces nouvelles places mais aussi à répondre à « la très forte augmentation » de la demande d’hébergement constatée depuis le début de l’année. Cet été, les trois-quarts des demandes d’hébergements au 115 n’ont pas trouvé de réponse, selon la Fnars.
L’opération est neutre pour le budget de l’Etat puisque le décret annule des crédits d’un même montant mis dans la réserve de précaution en début d’année, argumente Bercy. Il n’empêche, c’est une marge de sécurité de moins. En outre, au-delà de ce décret d’avance, le gouvernement juge probable une nouvelle ouverture de crédits dans le collectif budgétaire de novembre.