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Alors que les banquiers jugent que les nouvelles règles qu’on leur a imposées sont beaucoup trop contraignantes, les "sages" du groupe de travail présidé par Erkki Liikanen, gouverneur de la banque centrale finlandaise, veulent en rajouter une couche. Le rapport, qui avait été commandé par le commissaire européen au marché intérieur et aux services Michel Barnier, estime ainsi qu’il est nécessaire de cloisonner au sein d’une banque les activités de "trading" afin d’éviter qu’elles ne contaminent les activités de banque de détail. S’inspirant clairement de la règle américaine Volcker, et des dispositions britanniques de la loi Vickers, les experts ne vont pas jusqu’à recommander une séparation pure et simple des deux activités, soit un retour au Glass Steagall Act. "Aucun modèle n’a fait la preuve qu’il était le meilleur par le passé", ont jugé les experts.
Isolation des activités de trading
Les activités de "trading pour compte propre" (opérations faites pour le compte de la banque et non d’un client, ainsi que celle des produits dérivé de "teneur de marché" ainsi que toutes les opérations faites avec les hedge funds, pourraient être isolées dans la partie "trading". Le reste demeurerait dans les activités de banque commerciale, le tout regroupé dans une holding qui chapeauterait l’ensemble. Avec des règles contraignantes concernant le transfert des fonds d’une activité à l’autre. De plus, cette "isolation" des activités de trading ne deviendrait obligatoire que lorsqu’elles atteignent 15 à 25% du total de bilan de la banque, ou un montant absolu de 100 milliards d’euros. "Sur l’échantillon de 38 banques européennes cotées que nous suivons, 17 seraient concernées par cette mesure, dont les quatre françaises", juge Christophe Nijdam, analyste chez Alpha Value. Soit Crédit Agricole SA, BNP Paribas, Société Générale et Natixis.
Des compartiments étanches
En gros, le rapport Liikanen suggère une organisation proche de celle des sous-marins ou des bateaux, qui sont dotés de compartiments étanches afin d’éviter qu’une fuite dans l’un provoque des dommages dans les autres. C’est une étape importante dans la réflexion sur les réformes bancaire à venir, en particulier pour la réforme française. L’exemple du Titanic montre néanmoins que lorsque le choc est très violent, les compartiments étanches ne le sont plus… "Plus de 200 banques en 1929 étaient organisés selon le modèle suggéré par Liikanen, indique Christophe Nijdam. Filialiser une activité n’a jamais empêché la dite filiale de prendre trop de risques, l’exemple de Natixis est là pour le prouver, ce qui entrainé le sauvetage par sa maison-mère".
La balle est désormais dans le camp de Michel Barnier, commissaire européen au Marché Intérieur, qui doit décider des suites à donner au rapport. Et on peut être sûr que les banques françaises vont monter au créneau pour éviter d’avoir à cloisonner leurs activités de trading….