Suivi quotidien, flash d'actualités touchant l'économie,culture,environnement, société, politique,poésie, l'international.
<nav class="breadcrumb" role="breadcrumb">
</nav> <header class="article_header">
L'écrivain et journaliste, grand observateur de la vie politique américaine, estime que le débat qui opposera demain soir le président américain et son challenger républicain, sera décisif.
<figcaption>
ELECTIONS AMERICAINES - Le premier débat entre Mitt Romney et Barack Obama aura lieu mercredi 3 octobre à 1 heure du matin heure de Paris.
AFP
</figcaption> </figure> </header>Evoquant le prochain et premier débat télévisé entre Barak Obama et Mitt Romney, le site Politico, sous la plume du journaliste américain Jonathan Allen, écrit: " Vous pouvez taper à coups de marteau sur Obama au sujet de sa réforme des soins de santé. Se moquer de ses sorties de golf. Demander à voir son certificat de naissance et une transcription de Harvard, et le qualifier de socialiste européen faisant virer le rêve américain au cauchemar belge. Il rejettera sa tête en arrière et rira de vous comme d'un mauvais plaisantin"
Est-ce un avant-gout du débat qui opposera mercredi soir le président Américain à son rival républicain, Mitt Romney? Une chose est sure : cette confrontation sera décisive. Comme en témoigne l'écrivain et journaliste Philippe Labro, qui suit depuis plus d'un demi-siècle la vie politique américaine et ses grandes joutes.
Qu'est-ce qui fait la différence entre ces débats télévisés, tels qu'ils sont organisés en France ou aux Etats-Unis ?
Philippe Labro: Ces débats, de l'autre coté de l'Atlantique, n'ont rien à voir avec ce qui se fait en France. Ce ne sont pas des face-à-face, du type de celui qui a vu François Hollande se confronter à Nicolas Sarkozy, durant la campagne des présidentielles, mais une suite de réponses apportées aux questions d'un panel de journalistes affutés qui leur font face.
C'est ainsi que Barak Obama et Mitt Romney, installés de part et d'autre d'un plateau face à la salle, ne se regarderont pratiquement pas. De telle sorte que c'est seulement dans une expression, un mot ou une seule phrase que l'on pourra déceler une tension ou une pointe d'agacement, chez l'un ou l'autre, puisque leurs regards ne se croiseront pas. Il faut admettre que tout cela est assez grotesque.
Cela a toujours été ainsi?
Non, car il n'y a eu que deux véritables débats dans l'histoire des Etats-Unis: ceux opposants Nixon à Kennedy, puis Carter à Reagan. Et à chaque fois, ces face-à-face ont fait basculer une opinion indécise. Ce fut le cas, notamment quand ce formidable comédien qu'était Ronald Reagan se lança à l'assaut de la Maison blanche: novice en politique, mais ancien acteur de cinéma, comme on le sait, il balaya Jimmy Carter contre toute attente.
Même chose pour Kennedy: préparé et maquillé comme une star et très hollywoodien dans le style, il avait écrasé un Richard Nixon que ceux parmi les américains qui l'avaient écouté à la radio, avaient pourtant trouvé bien meilleur. Restait la télévision et le poids de l'image. Or là, Kennedy fut de loin le meilleur.
Il faut ajouter que la classe politique américaine a compris depuis longtemps l'importance de la télévision. Si bien que vous avez affaire ici à de véritables " comédiens" qui ont appris leur partition et qui récitent un livret rédigé et préparé dans ses plus infimes détails. Plans de coupe, cadrages, lumières, expressions, petites phrases, coups bas...ces confrontations sont préparées de manière millimétrée, le plus fort d'entre deux dans ce registre restant naturellement Bill Clinton. Il aura marqué à lui seul l'histoire des campagnes et des médias américains.
Autre particularité ?
C'est le nombre de débats : trois au total. Ce qui permet, contrairement à la France, d'aller au fond des choses : toutes les thématiques sont abordées et rien n'est négligé. Autre différence, les journalistes: Ils sont tout le contraire de potiches ! C'est eux et eux seuls qui dirigent le débat et en fixent le cadre et le rythme. Ils posent les questions et pratiquent même ce qu'on appelle le " droit de suite ". C'est-à-dire, la relance d'une même question, quand l'un des journalistes estime que l'explication de l'un ou l'autre des deux protagonistes est jugée moyenne ou insuffisante. Toute chose impossible en France.
On l'a vu récemment, avec le face à face Hollande-Sarkozy, durant la campagne des présidentielles : David Pujadas et Laurence Ferrari ont vu leur statut réduit à un simple rôle de passe-plat ou de faire-valoir. Ils se sont simplement bornés à lancer des thèmes de débat, avec une seule priorité : l'observation méticuleuse du chronomètre ! Une chose pareille et une vision aussi minimaliste des débats politiques, sont totalement impensables aux Etats-Unis.
Qu'est-ce qui fait la différence entre Obama et Romney ?
Prestance, belle gueule et sémantique solide, Barak Obama a pour lui le poids et l'expérience de ces cinq années passées à la Maison Blanche. Et Mitt Romney, le poids d'une multitude de gaffes, qui ont salement plombé sa campagne ! Il n'empêche : un mot, une phrase, une expression, une maladresse, peuvent suffire à faire basculer l'opinion et un débat de ce type. Tout peut arriver. Même si Barak Obama semble donner le sentiment d'une mécanique de précision telle, que rien ne semble être en mesure de l'enrayer. Place au show !