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Christiane Taubira et Patrick Buisson Photo : AFP
Patrick Buisson n'hésite pas à dénoncer "un scandale sans précédent dans l'histoire de la Justice française". Visé par une plainte contre X de l'association Anticor dans l'affaire des sondages de l'Elysée, l'ex-conseiller de l'ombre de Nicolas Sarkozy contre-attaque en ciblant Christiane Taubira. La ministre de la Justice est selon lui "juge et partie" dans les poursuites engagées sur la légalité de plusieurs sondages commandés par l'Elysée de 2007 à 2012, dont ceux passés avec la société Publifact qu'il dirigeait.
"Elle a menti" quand elle a dit qu'elle n'était plus membre de l'association anti-corruption Anticor, a-t-il déclaré sur Europe 1. Le 13 novembre déjà, l'ex-éminence grise du "Château" avait pris la plume pour lancer un tonitruant "J'accuse Christiane Taubira" dans les colonnes du Figaro. Mardi, il joint les actes à la parole en portant plainte pour "prise illégale d'intérêt".
"Un homme aux abois"
Après la tribune du Figaro, Christiane Taubira avait moqué un "détournement du cri de tonnerre de Zola" résonnant "pathétiquement comme un couic de déroute". "Avoir été membre du comité de parrainage lors de la création d'Anticor (...) témoigne à la fois du sens de l'engagement citoyen dans la responsabilité politique, et de la place qu'occupe la vigilance citoyenne dans la vitalité de la démocratie", avait expliqué la députée de Guyane dans un communiqué.
Jointe par Metro, la présidente d'Anticor, Catherine le Guernec, se dit tout aussi "tranquille" face aux accusations de Patrick Buisson. "Pour nous, les choses sont très claires : Christiane Taubira est membre de notre comité de parrainage depuis plusieurs années, mais c'est un soutien moral, symbolique. Elle n'a jamais été adhérente et ne joue absolument aucun rôle actif dans l'association." Pour Catherine le Guernec, le dépôt de plainte n'est que le "prétexte d'un homme aux abois, qui se sent très mal parce que tout un processus pénal est lancé et qu'il n'est plus protégé par l'ancien président de la République".
Patrick Buisson, assurant que "jamais les sondages n'ont été aussi encadrés et aussi transparents que sous Nicolas Sarkozy", a promis sur Europe 1 qu'il rendrait désormais "coup pour coup". Il pourrait à nouveau en recevoir prochainement. Alors qu'une enquête préliminaire a récemment été ouverte après une nouvelle plainte d'Anticor, la Cour de cassation doit décider le 19 décembre prochain si elle débloque ou non une première procédure dans l'affaire des sondages.