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Centrafrique : les rebelles dans la capitale, Paris en appelle à l'ONU

Centrafrique : les rebelles dans la capitale, Paris en appelle à l'ONU
Edité par M.G. avec AFP    lien
le 23 mars 2013 à 20h44 , mis à jour le 23 mars 2013 à 22h49.
Temps de lecture
4min
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<figure class="figure underline"> Les rebelles de la Séléka, en Centrafrique, le 10 janvier 2013. <figcaption class="degrade-une"></figcaption></figure>

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Afrique

La France demande une réunion d'urgence du conseil de sécurité de l'ONU après l'annonce samedi par les rebelles de leur entrée dans la capitale centrafricaine. Paris appelle ses ressortissants à "rester chez eux" mais ne procède pas à une évacuation.

Les rebelles centrafricains de la coalition Séléka ont annoncé leur entrée dans Bangui samedi. "On appelle les populations à rester chez elles, les Faca (forces armées centrafricaines, ndlr) à ne pas combattre, et le président Bozizé à partir", a annoncé depuis Paris l'un des porte-parole de la rébellion, Eric Massi. "Nous appelons toutes les forces sur le terrain à ne commettre aucune exaction, aucun pillage ou aucun règlement de compte contre les populations", a-t-il ajouté.

Paris a réagi en demandant une réunion d'urgence du conseil de sécurité des nations unies, a indiqué Romain Nadal, porte-parole diplomatique à l'Elysée. La France demande à ses ressortissants de "rester chez eux", mais n'a pas ordonné une évacuation "pour le moment". Environ 1250 Français vivent en Centrafrique.

250 soldats français sont basés dans ce pays. D'après les déclarations faites par ce porte-parole à l'AFP, il n'est pas prévu d'envoyer des renforts actuellement. Mais l'agence Reuters donne des informations différentes. Citant une source diplomatique française, elle annonce qu'une "compagnie a été envoyée pour renforcer et sécuriser l'aéroport de Bangui".

Coups de feu et mouvement de panique

"Il y a des détonations aux portes de Bangui", a affirmé le général gabonais Jean Félix Akaga, commandant de la Force multinationale d'Afrique centrale (Fomac). Une source militaire centrafricaine a aussi indiqué que "des coups de feu ont été tirés autour du PK12", le point kilométrique qui marque l'entrée dans Bangui. Ces détonations ont déclenché un mouvement de panique : de nombreux habitants ont commencé à fuir ou à regagner leurs domiciles en toute hâte, selon des témoignages recueillis à Bangui, et les magasins avaient fermé dès la nuit tombée. La circulation était quasiment inexistante en début de soirée, hormis les véhicules militaires qui sillonnaient les grandes artères.

La rébellion avait lancé une offensive le 10 décembre dans le nord du pays et avait enchaîné victoire sur victoire face aux Faca avant de stopper sa progression sous la pression internationale à 75 km au nord de Bangui. Des accords de paix signés à Libreville le 11 janvier avaient débouché notamment sur la formation d'un gouvernement d'union nationale formée par le pouvoir de François Bozizé, l'opposition et la rébellion.

La rébellion avait annoncé reprendre les armes mercredi, arguant du non-respect des accords par le clan Bozizé et déclenché à nouveau les hostilités vendredi. Les rebelles avaient franchi vendredi à la mi-journée les postes de la Fomac pour arriver aux portes de la capitale.

Banqui dans le noir 

La capitale centrafricaine était plongée dans le noir dans la soirée, faute d'électricité, a constaté un journaliste de l'AFP qui a aussi recueilli les témoignages des habitants de plusieurs quartiers. Les problèmes d'électricité sont récurrents dans bangui où les délestages sont quotidiens et peuvent durer longtemps mais il est rare que toute la ville soit privée d'électricité en même temps. Le motif de cette coupure générale n'était pas connu samedi soir.

Une partie de l'alimentation de Bangui provient de la centrale hydro-électrique située en amont des chutes d'eau de Boali, à 95 km au nord de la capitale, par où sont passés les rebelles du Séléka samedi.Selon un agent de la société de distribution d'électricité Enerca, "Bangui n'est pas alimentée actuellement à partir de Boali. Après leur entrée à Boali, les hommes du Séléka ont saccagé les installations techniques. Ils ont tiré sur les fils et les locaux". "Pendant qu'on fuyait pour se réfugier en brousse, on a entendu des tirs à l'usine et vu des étincelles et le feu à plusieurs endroits sur les lignes électriques", a témoigné un habitant de Boali, Eric Mboutou.

A lire aussi : Centrafrique : l'ONU appelle Bangui et les rebelles à négocier

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