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Cette escort-girl qui dédouane Dominique Strauss-Kahn

Cette escort-girl qui dédouane Dominique Strauss-Kahn

Par F.L.-B., le 13 mai 2012 à 09h13 , mis à jour le 13 mai 2012 à 10h21  lien

Alors que les juges chargés de l'enquête sur un réseau dont Dominique Strauss-Kahn aurait été l'un des clients ont demandé de nouvelles poursuites, pour viol, en s'appuyant sur un nouveau témoignage, Le Parisien a rencontré une escort-gril présente à Washington lors des faits.

Après la double procédure, pénale et civile, lancée suite à l'affaire du Sofitel de New York, et après l'affaire dite du Carlton dans laquelle il a vu son nom cité, Dominique Strauss-Kahn pourrait devoir faire face à une nouvelle accusation : celle de viol en réunion. Pour l'heure, aucune procédure n'est lancée à son encontre, et il reviendra sous peu aux magistrats de Lille de décider d'ouvrir ou non un nouveau dossier. Ce sont les juges chargés de l'enquête sur un réseau présumé de prostitution impliquant policiers, cadres de l'hôtel Carlton, hommes d'affaires proches du PS et un proxénète belge, "Dodo la Saumure", qui ont déposé une demande de réquisitoire supplétif pour viol en réunion en s'appuyant sur la déposition d'une prostituée venue rencontrer Dominique Strauss-Kahn à Washington en décembre 2010, quand il était directeur général du FMI. Or ce témoignage est justement contredit, ce dimanche, par celui d'une autre escort-girl qu'a rencontrée Le Parisien.

 

Selon le quotidien, la jeune femme, Aurélie Delvaulx, 25 ans, se trouvait à Washington lors des faits. Habitant en Belgique et décrite comme "ancienne finaliste Miss Beauty 2007, devenue modèle et escort-girl assumée", elle donne une version très différente de celle fournie jusqu'alors aux policiers. La prostituée qui accuse DSK, mais aussi les entrepreneurs lillois David Roquet et Fabrice Paszkowski, ainsi que le policier Christophe Lagarde, affirmait que l'ancien patron du FMI lui avait imposé un rapport sexuel brutal avec l'aide de ses amis. "J'ai dit je ne veux pas, je n'ai pas hurlé mais j'ai clairement dit que je ne voulais pas à haute voix", indiquait cette jeune femme, Anne-Marie, d'après ses propos retranscris sur procès-verbal et repris par Le Parisien. Aurélie Delvaulx, pour sa part, dément formellement.

"Si elle avait vraiment dit non, je serais intervenue"

"J'étais dans la même chambre qu'Anne-Marie ce jour-là", assure la jeune femme dans les colonnes du Parisien. "Si elle avait vraiment et clairement dit non, je serais intervenue, bien sûr. S'il s'était passé quoi que ce soit, j'aurais fait le nécessaire. Je ne l'ai pas vue faire un malaise. Elle est une grande fille, elle sait très bien à quoi s'en tenir dans ces soirées. Je ne l'ai pas entendu dire non et je n'ai pas vu David Roquet lui tenir les mains".

L'escort-girl belge dément par ailleurs vigoureusement avoir subi la moindre offre ou pression pour dédouaner ainsi DSK. Et elle rappelle qu'Anne-Marie, malgré son témoignage, n'a jamais déposé plainte pour viol : "Elle se plaint et ne veut pas porter plainte. Moi, je ne veux plus avoir de contacts avec elle".

Il reviendra en tout cas au parquet de Lille de décider si le témoignage d'Anne-Marie lui apparaît suffisamment solide pour ouvrir un nouveau dossier. Il y a deux options possibles à la demande de réquisitoire supplétif : un refus ou une ouverture d'enquête préliminaire de police. Dans ce dernier cas, l'issue serait soit un classement sans suite, soit l'ouverture d'une nouvelle information judiciaire.

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