Eklablog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Suivi quotidien, flash d'actualités touchant l'économie,culture,environnement, société, politique,poésie, l'international.

Publicité

Chiffres sur la pauvreté : «Attention à ne pas caricaturer»

Chiffres sur la pauvreté : «Attention à ne pas caricaturer»
<time datetime="2012-12-10T16:02:22+01:00" itemprop="datePublished">10 décembre 2012 à 16:02</time> (Mis à jour: <time datetime="2012-12-11T17:04:17+01:00" itemprop="dateModified">11 décembre 2012 à 17:04</time>) lien
 

Revalorisation du revenu de solidarité active (RSA), 4000 places supplémentaires d'hébergement d'urgence pour les sans-abri... : Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé ce mardi une série de mesures pour lutter contre la pauvreté, qui ne cesse d'augmenter. Les derniers chiffres, cités dans un rapport très fourni publié hier, sont inquiétants: aujourd’hui en France, une personne sur sept vit sous le seuil de pauvreté, fixé à 60% du niveau de vie médian (soit 964 euros mensuel). Et  2,1 millions de personnes subsistent avec moins de 642 euros par mois (40% du revenu médian) contre 1,5 million en 2004.

Quand on regarde dans le détail, par catégorie d’âge, les plus jeunes et les plus âgés paraissent particulièrement touchés. 19,6% des moins de 18 ans vivent dans des familles qui sont sous le seuil de pauvreté. Quant aux 65 ans et plus, 10,4% d’entre eux (soit un million de personnes) touchent moins de 964 euros.

Comment interpréter ces chiffres? Et de manière générale, comment mesurer la pauvreté? «Attention, en s’en tenant à ces données, on caricature à l’extrême, soutient Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités. En disant cela, je ne cherche évidemment pas à relativiser les choses, la pauvreté augmente. Mais en maximisant les chiffres, on aboutit à l’effet inverse. C’est contre-productif politiquement.» Voici quatre graphiques, réalisés à partir du rapport gouvernemental et commentés par Louis Maurin.

 Pour aller plus loin: La pauvreté en pleine croissance (article + rapport)

1) Personnes vivant sous le seuil de pauvreté (en millions)

Complément de lecture: La France, comme les pays européens, mesure la pauvreté monétaire de manière relative alors que d'autres pays comme l'Australie ou les Etats-Unis ont une approche absolue. Le seuil de pauvreté, généralement mis en avant par l'Insee, est fixé à 60 % du niveau de vie médian (soit 964 euros mensuel pour une personne seule aujourd'hui). Certains préfèrent fixer le seuil à 50 voire 40% du niveau de vie médian. A savoir aussi: La moitié de la population française dispose d’un niveau de vie inférieur à 19 270 euros annuels, selon la dernière enquête de l'Insee.

Louis Maurin: «Pour ma part, je considère que ce seuil de pauvreté (fixé à 60% du niveau de vie médian, ndlr) n’est pas satisfaisant. Pour une personne seule, cela correspond à un peu moins de 1000 euros mensuel (964 euros). Mais pour une famille avec deux enfants, c’est 2 400 euros.

Autrement dit, on considère qu'aujourd'hui, les familles qui vivent avec moins de 2400 euros sont pauvres. Cela ne correspond plus à rien. Ailleurs que Paris, 2400 euros, c’est beaucoup. On perd toute notion de la société que l’on décrit. A trop globaliser, on perd le sens, on ne comprend plus ce qu'est la pauvreté. J'ai écrit une note sur ce sujet sur notre site Internet. (à lire ici).

La définition même de la pauvreté est très normative. Le choix d'un indicateur plutôt qu'un autre est une question de société. A l’observatoire des inégalités, on préfère prendre le seuil de 50% du niveau de vie médian (803 euros mensuels pour une personne seule).»

 

Complément de lecture: le nombre de ménages disposant de revenus inférieurs à 50% du revenu médian (803 euros mensuels pour une personne seule) s’est accru de 800 000, passant de 3,9 millions, en 2004, à 4,7 millions en 2010.

Pire encore : si l’on descend encore un cran en focalisant sur les foyers aux revenus inférieurs à 40% du revenu médian (642 euros pour une personne seule), la tendance est aussi à la hausse: 1,5 million en 2004 et 2,1 millions en 2010.

2) Moins de 18 ans vivant dans des familles sous le seuil de pauvreté (en millions)

Louis Maurin: «Un enfant pauvre, cela n’existe pas. Il n’y a pas d’enfants pauvres mais des parents pauvres! Parmi les éléments expliquant la hausse, il y a évidemment l’augmentation du nombre de familles monoparentales et les bas salaires.»

3) 18-24 ans sous le seuil de pauvreté (en millions)

Complément de  lecture: Selon le rapport, en 2010, la pauvreté des moins de 18 ans a atteint 19,6 %, c’est 1,9 point de plus qu’en 2009. «La non-reconduction de mesures d’aides ponctuelles, mises en oeuvre en 2009 afin de limiter les effets de la crise sur les ménages modestes, et le gel du barème des prestations familiales en 2010, expliquent pour partie que les familles soient les plus affectées».

Louis Maurin: «Les jeunes sont les plus touchés par l’augmentation de la pauvreté. De toute évidence, ce sont les premières victimes de la crise et de la montée du chômage.»

4) Les 65 ans et + sous le seuil de pauvreté (en millions)

Louis Maurin: «Nous avions signalé cette hausse de la pauvreté chez les personnes âgées il y a deux ans déjà. On manque de recul pour comprendre les raisons de cette augmentation. A mon avis, il y a un effet un peu mécanique qui tient au mode de calcul du seuil de pauvreté. On se base sur le revenu médian... Or les pensions des retraités ne sont pas indexés sur les revenus de la croissance mais sur l’inflation. Autrement dit, il suffit qu’une personne ait une pension proche du revenu médian qui n’augmente pas aussi vite que le revenu médian, pour passer sous le seuil de pauvreté. Rappelez-vous, c’est un seuil: il suffit de gagner 10 euros de moins pour être comptabilisé parmi les pauvres.»

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article