Pierre-Yves Madignier. La satisfaction c’est qu’il y a un infléchissement qui est donné au niveau politique, et notamment un regard positif sur les personnes qui vivent dans la grande pauvreté. La mesure que nous attendions le plus dans ce sens, c'était une revalorisation des RSA. Nous espérions plus que les 10% annoncés sur cinq ans, mais engager cette revalorisation c’est reconnaître le rôle de filet de sécurité que joue et doit jouer beaucoup mieux dans l’avenir le RSA-socle.
P-Y. M. Ça sera 10% sur cinq ans, en plus de l’inflation, et donc 2% en septembre 2013.
P-Y. M. Ce que dit ATD c’est que l’on ne doit laisser personne au bord du chemin. Cela passe par une revalorisation du RSA, mais cela passe aussi par un accompagnement des personnes qui connaissent des difficultés. En ce qui concerne les jeunes, le dispositif qui est proposé pour 100 000 contrats par an doit être évalué pour qu’il conduise bien ces jeunes sans revenus sur le chemin de l’emploi.
P-Y. M. La seule perspective de lutte qui soit crédible à long terme, c’est de s’attaquer à toutes les causes de l’exclusion sociale. C’est-à-dire, améliorer les conditions de logement, l’accès au soin, l’accès au travail, mais surtout donner à tous les enfants et tous les jeunes la réussite éducative. Il faut inscrire les politiques d’urgence en permanence dans cette logique de destruction de la misère.
P-Y. M. Vous avez tout à fait raison, nous avons compris que c'était un des engagements pris par les pouvoirs publics. De notre côté nous avons diffusé sur notre site un recueil des idées reçues sur la pauvreté qui permet de combattre les préjugés à l’encontre des personnes qui vivent ces situations de pauvreté.
P-Y. M. Il faut faire les deux, parce qu’on ne peut pas laisser les personnes en situation de pauvreté dans l’abandon. Mais il faut également s’appuyer sur les forces et l’expérience de ces personnes pour construire avec elles des politiques dans tous les domaines qui permettent de détruire la misère.
P-Y. M. Sur la cherté des loyers il n’y a pas eu de mesure spécifique annoncée lors de la conférence.
P-Y. M. Le seuil de 60% est une convention qui sert à des comparaisons au niveau international. Il est effectivement intéressant de regarder également ce qui se passe au seuil de 50% et de 40%, ce qui correspond à des pauvretés très sévères. On constate malheureusement que, d’une part, la pauvreté au seuil de 60% augmente, mais qu’elle augmente également au seuil inférieur, ce qui traduit une aggravation de la situation.
P-Y. M. Les annonces sont effectives, elles auront un impact, mais elles ne sont pas à la hauteur de l’augmentation de la pauvreté. Nous appelons également l’ensemble des collectivités locales, des entreprises, des associations, des citoyens à se mobiliser pour que la société française s’engage de manière solidaire pour combattre la pauvreté.
P-Y. M. Les dispositifs anti-pauvreté doivent permettre aux personnes de retrouver des perspectives pour leur existence. Aujourd’hui, certains de ces dispositifs sont tellement compliqués ou bien ont un effet tellement stigmatisant que les personnes auxquelles ils sont destinés n’y ont pas recours. On estime ainsi que le montant du non recours en France se monte à 6,2 milliards d’euros par an.
P-Y. M. Ces questions sont très importantes pour les personnes qui vivent dans la grande pauvreté. En particulier, la possibilité de voir reconnaître sa propre culture, ou d’accéder à la culture des autres. Mais également les vacances qui sont un lieu où les personnes et les familles doivent pouvoir expérimenter la liberté. Nous avons regretté à ATD que ces sujets incluant des pratiques sportives ne fassent pas l’objet de travaux spécifiques. Nous avons contribué à ce qu’ils soient traités dans certains ateliers, notamment ceux concernant l’enfant et la jeunesse.
P-Y. M. Chacun de nous peut, d’une manière ou d’une autre, aider les personnes en situation de pauvreté. Par exemple, en écrivant à son maire pour l’encourager à accepter des logements sociaux dans sa commune. Mais également en étant attentif aux propos qui stigmatisent les personnes dans la pauvreté, en écrivant à son journal...
P-Y. M. Il faut que la société dispose de filets de sécurité qui permettent de surmonter les situations difficiles. Il faut également que soit mis en place un accompagnement lorsque les personnes ont besoin d'être soutenues.
P-Y. M. Cette idée fait partie trop souvent de ce que l’on entend. Ça ne correspond pas à la réalité. Personne n’a envie de vivre avec moins de 500 euros par mois. Les personnes qui sont dans le RSA-socle n’ont jamais cette situation comme objectif. Par ailleurs, plus de 30% des personnes qui pourraient être au RSA-socle ne demandent pas à bénéficier de cette prestation, en particulier parce qu’elles ressentent les jugements stigmatisants, qui malheureusement sont portés sur les titulaires du RSA. C’est en reconnaissant et en accompagnant les personnes dans leur projet de vie qu’on peut lutter contre la pauvreté, et pas en faisant comme si on choisissait de vivre dans la misère.