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Compétitivité : le crédit d'impôt devrait créer 152 000 emplois

Le Point.fr - Publié le04/02/2013 à 19:29    lien 

Selon une étude de l'OFCE, la baisse du coût du travail devrait produire de l'emploi d'ici à 2018. Mais son rôle dans la croissance sera restreint.

Image d'illustration.

Image d'illustration. © SIPA

 

Le crédit d'impôt pour la compétitivité des entreprises, qui doit baisser le coût du travail de 20 milliards d'euros d'ici 2015, permettra de créer 152 000 emplois en 2018 mais jouera un rôle très restreint dans la croissance, selon une étude de l'OFCE publiée lundi. En présentant en novembre cette mesure-phare de son pacte de compétitivit", le gouvernement avait assuré tabler sur 300 000 créations d'emplois et un demi-point de croissance supplémentaire à la fin du quinquennat.

Selon Mathieu Plane, rédacteur de cette étude de l'Observatoire français des conjonctures économiques, l'impact de cette mesure sera différent à court et à long terme, mais sera surtout globalement mitigé. À elle seule, selon lui, la mesure devrait permettre de baisser le chômage de 0,6 % à l'horizon 2018. Le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) doit être versé aux entreprises à hauteur de 4 % de la masse salariale rémunérée entre 1 et 2,5 smic en 2014, puis à hauteur de 6 % de cette même masse salariale en 2015 et en vitesse de croisière.

Une croissance de 0,2 %

"Le CICE aurait des effets positifs dès 2013, d'autant plus que les hausses de prélèvements et la réduction des dépenses publiques ne s'appliqueraient pas avant 2014", estime l'économiste, tablant sur 23 000 créations d'emplois cette première année. Cet effet positif se ressentira, selon l'économiste, sur la croissance à hauteur de 0,2 %. En revanche, dès l'année suivante, la mise en place du financement de la mesure - hausses de TVA notamment - freinera la même croissance, selon lui, puisqu'elle entraînera une baisse de la consommation des ménages.

En 2015-2016, l'effet sur la croissance sera devenu négatif, observe l'économiste, toujours à cause de la perte de pouvoir d'achat des ménages qui se ressentira directement. À plus long terme cependant, des effets positifs sont attendus, les gains de compétitivité des entreprises permettant notamment de redresser le déficit commercial de la France en exportant davantage et en important moins. "Pour que les effets négatifs soient compensés par les effets positifs, il faut attendre 2017-2018", précise l'économiste.

"Rattrapage" du pouvoir d'achat

Reste qu'il est impossible dans l'immédiat de prévoir quelle sera la réaction des partenaires commerciaux de la France qui pourraient instaurer le même type de mesures pour relancer leurs propres exportations. Au final, affirme Mathieu Plane, l'effet conjugué de la hausse de l'emploi et "des possibles mesures de compensation salariale dans les entreprises" peut permettre un "rattrapage" de pouvoir d'achat à terme qui "génère de la croissance mais limite les effets sur l'emploi et les gains de compétitivité".

L'économiste estime enfin que le dispositif de crédit d'impôt tel qu'il a été conçu permet de faire de l'industrie le secteur le mieux exposé à ses bénéfices, notamment "en raison de sa structure salariale". Au total, l'industrie obtiendrait 4,4 des 20 milliards du CICE, soit 22 % de l'enveloppe totale.

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