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Le Point.fr - Publié le04/02/2013 à 12:56 lien
"Nous réfléchissons aux moyens d'attirer davantage l'épargne des citoyens vers les fonds propres des entreprises ou vers les créations d'entreprise. Il y a des solutions qui permettent à des entreprises de lever des milliards aux États-Unis, comme le crowdfunding", a déclaré, mardi 29 janvier, Fleur Pellerin, ministre de l'Économie numérique, lors d'une conférence de presse consacrée au 20e Salon des entrepreneurs. L'épargne des citoyens peut-elle réellement devenir une nouvelle solution pour relancer l'entrepreneuriat ?
Depuis 2002, le crowdfunding, ou le "financement par la foule", fait des émules partout dans le monde et enregistre une croissance exceptionnelle, ce système a en effet permis de lever près de 2 milliards d'euros en 2012. Autrefois réservé au soutien de projets sociaux et environnementaux, le crowdfunding s'ouvre désormais à tous ceux qui veulent se laisser tenter par l'aventure. Aujourd'hui plus de 500 plateformes, dont 25 en France, ont vu le jour et ont financé plus d'un million de projets. Que ce soit à but lucratif ou non (seules 22 % d'entre elles sont purement philanthropiques), ces plateformes répondent à une demande grandissante. En ces temps de crise, il est souvent difficile de négocier auprès de son banquier un prêt pour financer un voyage humanitaire, un livre, un CD, ou encore une création d'entreprise. Le pouvoir de diffusion du Web a permis l'essor de ces projets. Si auparavant pour faire une levée de fonds il fallait démarcher la famille ou les amis, on peut maintenant toucher, et aider, le monde entier sans aucune limite.
Cependant, les propos de Fleur Pellerin montrent de nombreuses limites. Demander aux citoyens lambda d'investir dans de nouvelles entreprises présente de nombreux risques. Chaque entreprise demandeuse sera obligée de "vendre" son projet, ses objectifs et donc ses résultats afin de récolter le plus possible de fonds. Mais une fois ces sommes réunies, les investisseurs n'ont d'autres choix que de faire confiance aux équipes en place et d'espérer qu'elles délivrent les résultats promis, sans pouvoir interférer dans le management en place. Ce système rappelle ce que MyMajorCompany a mis en place à ses débuts : permettre aux internautes de devenir producteurs et leur reverser les bénéfices. Malheureusement, peu de projets ont vu le jour et cela a généré une fronde de beaucoup de contributeurs, qui espéraient de sérieuses plus-values et repartaient souvent avec des miettes. C'est la raison qui a poussé MMC à faire marche arrière et à changer sa formule pour devenir une simple plateforme de levée de fonds laissant les porteurs de projets gérer l'argent récolté.
Wiseed.fr, qui se donne pour mission de permettre à des investisseurs privés de financer collectivement des startups qualifiées pour se développer, essaie de limiter les risques en ayant une sélection drastique en trois étapes : le premier filtre est le facteur différenciant du produit ou service proposé, ainsi que son impact sociétal. Ensuite un vote est organisé sur le site pour que les internautes choisissent les projets les plus porteurs, puis un suivi de l'entreprise est institué afin de vérifier son potentiel avant que les internautes ne puissent la financer. Le risque est atténué mais pas annulé. Thierry Merquiol, président de Wiseed, déclare que les micro-investisseurs acceptent de prendre plus de risques que les investisseurs classiques. Ce qui, comme pour MMC, représente le plus gros risque.
À la fin des fins, ne nous leurrons pas, le moteur principal du financement participatif doit rester la générosité, pas l'envie de devenir millionnaire en quelques clics.