La justice chinoise a confirmé en appel, jeudi 27 septembre, l'énorme redressement fiscal visant l'artiste contestataire Ai Weiwei, a annoncé le dissident à la sortie du tribunal qu'il avait lui-même saisi.
"Aucune modification du premier jugement", a déclaré aux journalistes Ai Weiwei, qui avait déjà tenté il y a quelques mois de contester ce redressement fiscal, une sanction selon lui inique, destinée à lui imposer le silence. "Le tribunal a violé les procédures légales. Ils ont refusé de nous permettre de défendre notre dossier", a dénoncé l'artiste dissident.
Ai, qui ne ménage pas ses critiques contre le Parti communiste chinois, avait reçu en novembre 2011 une mise en demeure de régler au fisc la somme de 15 millions de yuans (1,7 million d'euros).
UNE PRATIQUE COURANTE
Grâce à la mobilisation de 30 000 Chinois, il avait ensuite pu verser la garantie nécessaire pour contester ce redressement, imposé à Fake Cultural Development, une entreprise créée par l'artiste, mais enregistrée au nom de son épouse.
L'afflux de dons spontanés pour aider Ai Weiwei avait profondément irrité Pékin. L'an dernier, la détention de l'artiste d'avril à juin dans un lieu inconnu avait soulevé une vague d'indignation à travers le monde. Il avait ensuite vécu sous surveillance, sans pouvoir quitter Pékin pendant un an. Cette mesure a été levée en juin dernier, même s'il ne peut toujours pas quitter la Chine faute de passeport.
Les opposants chinois voient dans cette affaire une tentative de la part du pouvoir de museler le dissident. Les tribunaux, contrôlés par le Parti communiste, acceptent rarement des actions intentées par des dissidents et le rejet de plaintes contre des décisions administratives est une pratique courante.