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Copé pointé du doigt pour son rapport à l'argent

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Le Point.fr - Publié le <time datetime="2013-04-09T18:18" itemprop="datePublished" pubdate=""> 09/04/2013 à 18:18</time> - Modifié le <time datetime="2013-04-09T18:20" itemprop="dateModified"> 09/04/2013 à 18:20</time>

En réaction à l'affaire Cahuzac, Fillon et ses soutiens ont décidé de rendre publique leur déclaration de patrimoine contrairement au patron de l'UMP.

<figure class="media_article panoramique" itemprop="associatedMedia" itemscope="" itemtype="http://schema.org/ImageObject"> Jean-François Copé et François Fillon sont déjà rivaux pour la présidentielle de 2017. <figcaption>Jean-François Copé et François Fillon sont déjà rivaux pour la présidentielle de 2017. © Maxppp </figcaption> </figure>
Par
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À l'UMP, la hache de guerre n'est pas encore déterrée, mais l'ambiance devient de plus en plus électrique. Sur fond de débat sur la moralisation et la transparence de la vie publique, les hostilités ont repris entre Jean-François Copé et François Fillon. Les deux rivaux pour la présidentielle de 2017 ont choisi de réagir de façon différente au discrédit dont souffre la classe politique à cause de l'affaire Cahuzac. Comme son lieutenant Laurent Wauquiez, l'ancien Premier ministre s'est invité lundi soir sur le plateau du 20 heures de France 2 pour rendre public son patrimoine tout en précisant qu'il ne paye pas l'ISF. François Fillon a déclaré posséder "une maison dans la Sarthe, achetée 440 000 euros il y a 20 ans [estimée à 600 000 euros aujourd'hui, selon lui] ; une épargne de 100 000 euros et deux voitures de plus de dix ans". Même si ce "voyeurisme" répugne au député de Paris, il s'est résolu au geste symbolique de révéler son patrimoine pour "être entendu" de François Hollande, dont l'attitude n'est pas celle d'un "chef".

Dès le lendemain matin, le patron de l'UMP a dénoncé "un numéro de voyeurisme et d'hypocrisie", refusant pour l'heure de détailler son propre patrimoine aux Français. "Je le ferai naturellement le jour où la loi le prescrira. [...] Mais il faut que la loi vérifie la véracité des déclarations, car on déclare ce que l'on veut", a lancé Jean-François Copé sur le plateau de France 2. Lors de la réunion du bureau exécutif de l'UMP mardi matin, les deux camps se sont d'ailleurs reformés naturellement. Les copéistes Luc Chatel, Brice Hortefeux et Nadine Morano ont pris position contre l'étalage spontané du patrimoine des élus dans les médias, s'opposant de fait aux fillonistes Laurent Wauquiez ou Éric Ciotti qui ont déjà communiqué le leur.

Le traumatisme de Copé

Certes, à droite comme à gauche, bon nombre d'élus craignent que le grand déballage ne soit pas efficace pour éliminer le doute qui plane sur la classe politique. Mais avec cette "opération mains propres", les fillonistes essaient aussi d'attaquer Jean-François Copé sur son rapport à l'argent. Certes, sous ses airs de gendre idéal et sa raie lissée sur le côté, l'ancien Premier ministre est un épicurien qui aime profiter des bonnes choses. Coquet, ce féru de courses automobiles ne raterait pour rien au monde ses traditionnelles vacances en Italie. Mais, contrairement à Copé, il reste discret dans ses amitiés (même si son accident de scooter l'été dernier a révélé son amitié avec le P-DG de Ferrari, Luca Cordero di Montezemolo). C'est cette différence de personnalité que cherchent à mettre en avant les partisans de François Fillon.

Conscient que cette planche est savonneuse, Copé s'est donc montré mesuré ces derniers jours. "Les gens associent Copé à l'argent et il le sait. C'est pour cela que Copé ne crie pas trop fort sur l'affaire Cahuzac. Il fait attention à son image", analyse l'un de ses partisans. Un ami du député-maire de Meaux confirme : "Chez Copé, l'argent est l'étalon de la réussite." Vêtu de costumes-cravates sobres, Copé n'est pas du style à porter au poignet une Patek Philippe à 55 000 euros en meeting comme Nicolas Sarkozy. Mais le député-maire de Meaux fait partie de ceux qui considèrent que la politique est un "métier" et que les rémunérations ne sont jamais suffisantes. Après une polémique et sa démission du cabinet d'avocats Gide-Loyrette-Nouel en 2010, il s'est mis à son compte et exerce aujourd'hui dans les mêmes bureaux que sa soeur, elle-même avocate. Histoire de ne pas dépendre entièrement de la politique sur le plan financier. "Copé a été traumatisé par sa défaite aux législatives de 1997 lors desquelles il a perdu sa principale source de revenus. Désormais, il assure ses arrières en cas d'accident de parcours", justifie un proche. Son amitié avec l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine lui a aussi valu d'apparaître dans la procédure de l'affaire Karachi en août 2011. S'il a assumé pleinement avoir accepté de Ziad Takieddine une Rolex pour son anniversaire, le maire de Meaux a toujours nié avoir touché des espèces.

Le sniper Wauquiez

Celui qui tape le plus fort est le député de Haute-Loire Laurent Wauquiez, qui rêve d'affronter Jean-François Copé lors de l'élection interne de septembre. "Moi, je n'ai jamais eu d'estime personnelle pour Jérôme Cahuzac", a-t-il lâché lors d'une interview au Journal du dimanche en faisant allusion aux mots prononcés par Copé à l'égard de l'ex-ministre du Budget. À peine ce premier coup tiré, le sniper de l'UMP a repris son fusil pour mettre sur la table le problème des conflits d'intérêts lorsqu'un parlementaire exerce en même temps le métier d'avocat d'affaires. Une allusion on ne peut plus claire à Jean-François Copé, qui a d'ailleurs été reprise à gauche par l'ex-ministre Élisabeth Guigou. Poussé dans ses retranchements, Jean-François Copé s'est défendu tant bien que mal dimanche sur le plateau de BFM TV : "Je suis avocat. Je ne sais pas ce que c'est avocat d'affaires." Mardi, dans les couloirs de l'Assemblée, le ministre de l'Économie Pierre Moscovici en a remis une couche en soufflant : "Ce n'est pas dans ce gouvernement que l'on trouvera des avocats d'affaires qui sont en même temps députés."

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