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Dans l'affaire présumée de corruption au sein de la Brigade anti-criminalité des quartiers Nord de Marseille, quatre enquêteurs ont été placés en garde à vue. Le début d'une longue série, selon un ancien policier de la BAC marseillaise.
POLICE - Quatre enquêteurs de jour de la Brigade anti-criminalité des quartiers Nord de Marseille ont été placés en garde à vue dans le cadre d'une affaire présumée de corruption. Un ancien du service affirme à L'Express ne "pas être surpris".
BORIS HORVAT / AFP
</figcaption> </figure> </header>C'est l'homme dont les révélations sont à l'origine des gardes à vue de quatre enquêteurs de la BAC Nord de Marseille. Habitué à traquer les dealers des quartiers sensibles de la cité phocéenne, cet ancien policier, qui a souhaité garder l'anonymat, n'est pas surpris par l'opération de la police des polices, l'IGPN, de ce mardi. Une information judiciaire est en effet ouverte depuis le 22 février pour "vols en bande organisée, extorsion en bande organisée, infractions à la législation sur les stupéfiants". Les policiers interpellés sont soupçonnés d'avoir volé des produits stupéfiants ou de l'argent prélevés sur des dealers qu'ils avaient interpellés.
"Ça devait arriver un jour, commente cette source contactée par L'Express. Quand, en 2010, j'avais expliqué les pratiques du service, on ne m'avait pas écouté." Selon lui, ces quatre interpellations ne sont que le début d'une longue série: les noms de "plusieurs dizaines" de policiers seraient cités dans le dossier. Et la hiérarchie ne serait pas épargnée. "Elle aussi va devoir rendre des comptes. De nombreux responsables étaient au courant mais ils préféraient muter les membres de l'équipe mouillés. Quant à ceux qui dénonçaient ces us, ils étaient, comme moi, mis au placard."
Alors que cet ancien policier dénonce des faits de corruption au sein de la BAC marseillaise, lui-même avait été inquiété dans une affaire du même type: on l'accusait d'avoir relâché un dealer qu'il venait d'interpeller. Il a pour cela été révoqué de ses fonctions par le conseil de discipline de la police. Or, à en croire sa version des faits, ce revendeur de drogue était en fait un indic lui ayant permis d'interpeller des malfrats impliqués dans la vague de règlements de comptes qui secoue la cité phocéenne. "On m'a révoqué à cause d'un indic mais c'est surtout parce que je refusais de rentrer dans ce système corrompu", dénonce-t-il.
Ces défaillances internes ne font désormais plus de doute: le procureur de la République de Marseille, Jacques Dallest, a reconnu lors d'une conférence de presse que cette pratique était "répandue dans ce service depuis assez longtemps".
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Quatre policiers de la Brigade anti-criminalité de Marseille ont mis en examen par la police des polices ce mardi matin, dans le cadre d'une affaire présumée de corruption à la suite de dénonciations internes.
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MARSEILLE - Plusieurs policiers de la BAC de Marseille ont été interpellés par la police des polices dans le cadre d'une affaire présumée de corruption.
afp.com/Fred Dufour
</figcaption> </figure> </header>Quatre enquêteurs de l'équipe de jour de la BAC Nord de Marseille placés en garde à vue, d'autres interpellations prévues, une perquisition en cours dans leurs locaux... Alors que les règlements de compte en série rythment la vie de la cité phocéenne, cette fois, c'est la police qui est visée.
Une enquête préliminaire a été ouverte le 22 février pour des pour "vols en bande organisée, extorsion en bande organisée, infractions à la législation sur les stupéfiants", a indiqué le procureur de la République, Jacques Dallest. Selon les informations de L'Express, au printemps dernier, cette enquête préliminaire s'était transformée en une information judiciaire confiée à un juge d'instruction. Les policiers incriminés, eux, avaient été mutés en attendant le résultat des investigations.
A l'origine de ces accusations: le témoignage de Stéphane*. Ce policier avait lui-même été inquiété après avoir relâché un dealer qu'il venait d'interpeller. Pour sa défense, il avait alors expliqué que ce revendeur de drogue était en fait un indic qui lui avait permis d'interpeller deux jeunes marseillais impliqués dans des sanglants règlements de compte.
Suspendu, Stéphane avait alors mis en cause ses anciens collègues qui, affirme-t-il, avait pris l'habitude de se servir lors des perquisitions et, surtout, de racketer les dealers interpellés. Des dealers qui se voyaient confisquer leur argent, sans qu'aucune procédure ne soit ensuite lancée.
Les faits reprochés aux hommes de la BAC nord seraient accablants. Ils sont suspectés de corruption, de vol en bande organisée et de séquestration. "C'est du très lourd", confiait ce mardi matin un syndicaliste policier abasourdi par les développements de ce dossier.
L'enquête en cours devrait pourtant permettre de ramener un minimum de sérénité autour du Vieux Port. Depuis plusieurs semaines déjà, le monde politique et judiciaire marseillais bruisse en effet de rumeurs sur cette affaire.
En déplacement à Echirolles, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a affirmé que cette affaire serait traitée avec "la même détermination" que pour l'enquête sur la rixe mortelle à Grenoble. Le locataire de la place Beauvau devrait s'exprimer dans le courant de l'après-midi sur ce dossier brûlant.
* le prénom a été changé