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Quatre jours après le crash du vol MH 17 dans l'est de l'Ukraine, le rapatriement des corps et l'enquête peinent à se mettre en place. Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté, lundi 21 juillet, une résolution réclamant aux séparatistes un accès libre et sécurisé au site du crash. Mais les opérations sur le terrain restent freinées par de nombreux obstacles.
- Qui va mener l'enquête ?
Alors que la coordination de l'enquête devrait logiquement revenir aux autorités ukrainiennes, Kiev a proposé lundi aux Pays-Bas de prendre en charge l'opération. C'est « le pays qui a le plus souffert », a justifié le premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, en rappelant que sur 298 victimes, 193 étaient hollandaises.
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La justice néerlandaise a ouvert une enquête pour meurtres, crimes de guerre et pour le fait d'avoir abattu intentionnellement un avion de ligne. Un procureur néerlandais se trouve d'ailleurs actuellement en Ukraine.
L'enquête pourrait être menée à Kharkiv, ville proche du territoire contrôlé par les séparatistes. Un groupe d'une vingtaine d'experts médico-légaux est arrivée lundi dans le secteur, à la suite d'une première équipe néerlandaise.
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Selon leur coordinateur, le néerlandais Michel Oz, ce groupe compte des experts du FBI, une unité allemande spécialisée dans l'identification des victimes d'accidents, ainsi que des officiels britanniques et australiens. Des envoyés deMalaisie et des experts d'Interpol doivent également les rejoindre. Ces derniers ont déjà été à l'œuvre lors de la catastrophe du vol Air France Rio-Paris notamment.
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Crash en Ukraine: des enquêteurs néerlandais examinent les corps
Une équipe d'enquêteurs néerlandais a examiné lundi les corps des victimes du crash du vol MH17 déposés à bord d'un train à Torez en Ukraine, près du site de la catastrophe, en zone rebelle. Parallèlement, le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a indiqué que Kiev était prêt à confier la coordination de l'enquête internationale sur le crash de l'avion aux Pays-Bas, "le pays qui a le plus souffert. 01:39
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Lundi, Vladimir Poutine a par ailleurs insisté pour que l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), agence des Nations unies, constitue une commission internationale pour diriger les recherches sur le site du crash. M. Poutine et la chancelière allemande, Angela Merkel, étaient tombés d'accord samedi sur cette supervision, Moscou cherchant à limiter le rôle des autorités ukrainiennes dans l'enquête.
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Une équipe de quatre experts de l'OACI est arrivée dimanche en Ukraine. Sa tâche s'annonce réduite sur le terrain, mais elle devra à terme étudier les enregistrements de contrôle aérien, les repérages effectués par les radars et les images satellitaires. D'autres équipes d'experts judiciaires seront chargées detrouver des preuves susceptibles de déboucher sur des poursuites pénales.
- Que sont devenus les corps des victimes ?
Les cinq wagons de train dans lesquels les rebelles entreposaient les corps depuis dimanche a quitté la gare de Torez pour gagner Kharkiv, lundi dans la soirée. Selon le premier ministre de la « République populaire » de Donetsk, Alexandre Borodaï, les corps de 282 victimes étaient à bord du train, et seize autre n'ont pas encore été découverts.
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Le départ du train avait été retardé par les rebelles, qui demandaient qu'il soit convoyé hors de la zone sous contrôle des rebelles par des experts internationaux et non par les autorités ukrainiennes.
Dans la journée, les experts internationaux avaient pu, pour la première fois,commencer à examiner les cadavres, entourés de séparatistes armés. Selon l'AFP, une très forte odeur de corps en décomposition se dégageait des wagons, alors que la température extérieure oscillait autour de 30 °C, laissant craindre un manque de réfrigération. Peter van Vilet, expert médico-légal néerlandais, a toutefois estimé que « le stockage des corps [était] de bonne qualité ».
Le premier ministre malaisien a donné dans la soirée une idée de la suite des événements concernant le rapatriement des corps, qui devraient être remis aux Pays-Bas prochainement.
- Les experts pourront-ils accéder à la zone du crash ?
Le principal obstacle à la conduite de l'enquête internationale est l'attitude des séparatistes prorusses, qui ont cherché tout le week-end à limiter l'accès au site où se trouvent les débris de la carlingue du vol MH 17.
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Mais lundi, la situation semblait en cours d'amélioration. Alors que Kiev a ordonné l'arrêt des combats dans un rayon de 40 kilomètres autour du site du crash, les séparatistes ont autorisé les experts médico-légaux néerlandais à venir l'examiner. Ils étaient escortés par des observateurs de la mission de Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), déployés dans l'est de l'Ukraine depuis le début de la crise.
Ces observateurs, arrivés sur le site peu après le crash, disent n'avoir pu y obtenirjusqu'à dimanche qu'un accès limité. Les journalistes ayant parcouru le site depuis jeudi décrivaient un étrange mélange de contrôle armé du périmètre et de désorganisation, qui laissaient les visiteurs libres d'altérer un site très étendu.
Ainsi, depuis jeudi soir, les débris et les corps ont été maniés par les séparatistes. Des mineurs sont venus leur prêter main forte pour retrouver les morts, des voisins et des journalistes sont passés. Autant de déplacements d'éléments qui, lorsque l'enquête aura vraiment débuté, pourraient altérer la qualité des preuves.
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Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a ainsi dénoncé lundi une situation « grotesque », citant le cas « de soldats séparatistes en état d'ébriété empilant des corps dans des camions, faisant disparaître des corps et des indices du site ».
- Où seront analysées les boîtes noires ?
Les séparatistes ont remis lundi soir les deux boîtes noires à des représentants de la Malaisie. Si l'analyse de ces enregistreurs de vol devrait donner des informations supplémentaires sur les dernières minutes du vol MA 17, elle ne devrait toutefois apporter que peu de réponses sur la véritable inconnue de cette affaire : l'origine du tir. Les analyses des traces d'explosifs retrouvés sur les débris pourraient en revanche apporter des éléments décisifs.
- Qui aurait pu abattre l'avion ?
De forts soupçons pèsent sur les séparatistes, qui sont accusés d'avoir abattu l'avion à l'aide d'un système de missiles de moyenne portée de type « Buk », saisi à l'armée ukrainienne ou fournis par la Russie. La Russie a démenti avoir livré aux rebelles de tels équipements.
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Lundi, un général de l'état-major russe a ouvert deux nouvelles thèses pourexpliquer le crash, mettant en cause l'armée ukrainienne. Andreï Kartapolov a affirmé qu'un avion de chasse ukrainien SU-25 se trouvait à une distance de 3 à 5 kilomètres du Boeing malaisien, laissant entendre que le chasseur aurait puabattre l'avion de ligne. Le général a par ailleurs affirmé que des missiles sol-air des forces ukrainiennes, capables d'abattre une cible à 35 kilomètres de distance, étaient positionnées non loin de Donetsk le jour de la catastrophe.