Suivi quotidien, flash d'actualités touchant l'économie,culture,environnement, société, politique,poésie, l'international.
Le Monde.fr avec AFP | <time datetime="2014-01-04T05:19:09+01:00" itemprop="datePublished">04.01.2014 à 05h19</time> • Mis à jour le <time datetime="2014-01-04T18:43:05+01:00" itemprop="dateModified">04.01.2014 à 18h43</time>
<figure class="illustration_haut">

« On ne veut pas qu'on nous plaigne, a expliqué Laurent, l'un d'entre eux. On a saisi la justice pour qu'ils trouvent ce qu'il s'est passé. Il y a une faille dans le système, il faut absolument qu'ils trouvent cette faille pour que ça n'arrive plus jamais. » « C'est quand même étrange qu'il ait fallu attendre quatre cas avant qu'ils comprennent qu'il y avait quelque chose de grave », a pour sa part pointé Antoine.
Les trois nouveau-nés, parmi lesquels deux prématurés, sont morts les 6, 7 et 11 décembre. Un quatrième a pu être sauvé in extremis. Les parents d'un des nourrissons morts, originaires de Haute-Savoie, ont déposé plainte contre l'hôpital dès le 23 décembre. Le parquet a ouvert une enquête préliminaire dans la foulée, et les premières auditions ont débuté lundi.
C'est « le cas du 4e bébé qui a survécu [qui] a permis d'identifier le problème », a précisé le directeur du CHU de Chambéry, Guy-Pierre Martin, au cours d'une conférence de presse, samedi. Selon lui, les analyses effectuées montrent que « le service ne contenait pas de germes susceptibles d'avoir causé ces décès, [mais] si la responsabilité de l'hôpital est mise en cause, nous l'assumerons », a-t-il conclut, annonçant également que l'hôpital avait porté plainte contre X.
LES LOTS EN CAUSE « RETIRÉS »
La ministre de la santé, Marisol Touraine a assuré sur Europe 1 que « tous les lots » de poches alimentaires mises en cause dans le décès des trois nourrissons avaient été « retirés », y compris les « produits semblables à ceux qui ont été utilisés ». « C'est un accident gravissime qui justifie la mobilisation de toutes les autorités sanitaires. […] Nous avons lancé des enquêtes administratives, en dehors même de la saisine de la justice », a poursuivi la ministre, qui a exprimé sa « solidarité » et sa « sympathie » aux familles qui ont perdu leur nourrisson.
« On n'est pas certains à ce jour que la responsabilité de l'hôpital soit établie. Il faut remonter toute la chaîne de production de ces produits et faire des analyses », a précisé Fabienne Moulinier, vice-procureure à Chambéry. « C'est une enquête très technique et qui va demander du temps », a-t-elle insisté.
LA QUESTION DE LA RESPONSABILITÉ
Les enquêteurs devraient notamment se tourner vers le laboratoire français qui les fabrique, ainsi que vers le service qui assure leur livraison, pour savoir d'où peut venir la contamination. « Il y a plein d'intervenants sur la chaîne », a souligné Mme Moulinier, en ajoutant que la contamination n'était pas liée à un « acte volontaire ».
Le père d'un des bébés mort a indiqué que les poches contaminées venaient d'un lot de 137 poches, dont 102 avaient été détruites ou utilisées. Le nombre de poches contaminées est inconnu à ce jour, a toutefois assuré le parquet. « Ce sont des poches qui ont une durée de péremption assez courte et qui ne sont pas conservées quand elles ne sont pas utilisées », a expliqué la vice-procureure.
« Certaines ont été utilisées et n'ont rien provoqué », a-t-elle ajouté. « Quand, comment et par quoi ont été contaminées ces poches ? Pour l'instant, on l'ignore », a ainsi résumé la magistrate.
Mi-décembre, l'hôpital de Chambéry s'était déjà retrouvé au cœur de la tourmente médiatique après la mise en examen d'une aide-soignante soupçonnée d'avoir empoisonné ou tenté d'empoisonner neuf pensionnaires d'une maison de retraite de Jacob-Bellecombette, qui dépend du centre hospitalier. Six de ces neufs pensionnaires sont morts depuis octobre. L'aide-soignante, âgée de 30 ans, a été incarcérée.