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La majorité des personnes interpellées sont des jeunes âgés de 19 à 21 ans, au casier judiciaire chargé. - (AFP) Douze personnes étaient gardées à vue après le meurtre de deux jeunes dans le quartier de la Villeneuve, qui sera placé en zone de sécurité prioritaire.
Douze personnes ont été placées en garde à vue pour « assassinats » mardi après le meurtre à l'arme blanche de deux jeunes à la Villeneuve, banlieue de Grenoble. Trois autres étaient toujours en fuite dans la soirée.
Les enquêteurs « ont conscience que ce drame, ce crime, ce massacre, puisque Kevin et Sofiane ont été massacrés, doit trouver justice », a déclaré le ministre de l'Intérieur Manuel Valls à sa sortie de l'hôtel de police mardi matin.
Plusieurs appartements de la Villeneuve ont été perquisitionnés lors de l'opération aux aurores qui a mobilisé une cinquantaine de policiers. Une majorité de suspects sont de jeunes adultes âgés de 19 à 21 ans dotés de casiers judiciaires, mais aucun n'a reconnu les faits.
L'avocat de deux d'entre eux, Me Ronald Gallo, a critiqué l'emploi par le ministre du terme de « massacre », qui « augmente la douleur des familles ». Il a appelé à attendre de « connaître qui a fait quoi et comment ».
Marche blanche
Pour un motif apparemment futile, deux jeunes sans histoires, Kevin, étudiant, et Sofiane, éducateur, âgés de 21 ans, ont été lynchés vendredi soir dans un parc de la Villeneuve par un groupe d'une quinzaine de jeunes munis de manches de pioche, de marteau et de couteaux. Cette attaque aurait fait suite à une première dispute entre le petit frère de Kevin et un camarade, à la sortie du lycée.
En réponse à ces violences, le ministre de l'Intérieur a annoncé mardi la création d'une Zone de sécurité prioritaire à la Villeneuve. « Il y aura des zones de sécurité prioritaires, elles concerneront évidemment ces quartiers, pour mieux coordonner le travail des forces de l'ordre, pour mobiliser l'ensemble des acteurs », a-t-il déclaré, annonçant « des moyens supplémentaires ».
Les agresseurs « seront traduits devant la justice pour recevoir la condamnation qu'ils méritent », avait promis la veille François Hollande, qui a rencontré les familles des deux jeunes, faisant part de sa « solidarité au nom de la France toute entière ».
François Hollande a notamment rendu visite à la mère de Kevin, Aurélie Noubissi, pédiatre, qui avait dénoncé la violence gratuite de jeunes du quartier devenus sans « garde-fous », vivant « dans le désœuvrement, l'oisiveté ».
Le président a été interpellé par les habitants, lui réclamant plus de « sécurité ». Une habitante était même allée jusqu'à comparer sa ville au Texas.
Une marche blanche était prévue mardi soir alors que les appels au calme se sont multipliés dans le quartier, émanant des proches des victimes, mais aussi des professeurs de leur ancien lycée.
repères
Ce nouveau drame est venu raviver le souvenir des trois nuits d'émeutes en 2010 après la mort d'un jeune habitant tué lors d'un échange de tirs avec la police après qu'il eut braqué un casino. Ces heurts avaient été suivis du discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy, promettant une « guerre nationale » contre les « voyous ».