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Échirolles. Marée humaine pour dire «non» à la violence

Échirolles. Marée humaine pour dire «non» à la violence

3 octobre 2012 -

Une marée humaine a déferlé, hier, à Échirolles, commune traumatisée par le meurtre de deux jeunes sans histoire, Kevin et Sofiane. Pendant ce temps, suite à un vaste coup de filet, 12 personnes ont été placées en garde à vue.

 

Quatre jours après le drame, 10.000 personnes vêtues de blanc ont participé, hier soir, à une marche à la mémoire de Kevin et Sofiane, les deux jeunes tués dans un parc de la Villeneuve, à Échirolles, dans la banlieue de Grenoble (Isère).

«Écoutez vos parents»

Brandissant une pancarte «Kevin et Sofiane, Non à la violence», Aymen marchait, l'air sombre. «C'étaient mes potes, c'étaient des exemples», s'est-il exclamé, rappelant que Kevin était étudiant et Sofiane éducateur, dans ce quartier marqué par une forte inactivité des jeunes. Tenant des ballons, des roses ou des fleurs blanches, cette marée humaine, avec nombre de jeunes, a afflué aux abords du lycée Marie-Curie d'Échirolles, où avaient été scolarisées les victimes. En tête de cortège, marchaient dignement les parents de Sofiane et la mère de Kevin, tandis que des pancartes rédigées par leurs soins proclamaient: «Soyez respectueux et prudents, écoutez vos parents, évitez les problèmes, rien ne vaut la vie et la famille». Les obsèques sont prévues aujourd'hui à 14h à la mosquée d'Échirolles.

Douze gardes à vue

Parallèlement, l'enquête sur ce double meurtre a progressé à la suite d'une série d'interpellations. Douze personnes ont été placées en garde à vue pour «assassinats». «Il faut déterminer qui a fait quoi. Aucun des gardés à vue n'a reconnu les faits», a indiqué le procureur de la République à Grenoble, Jean-Yves Coquillat. Parmi eux, deux jeunes frères de 19 et 20 ans, tous deux militaires. «Les militaires sont à l'origine de la bagarre. Ils ont dit qu'ils réservaient leurs explications au juge. Ils le feront demain», a précisé le magistrat. Il a évoqué le statut à part de leur mère, unique interpellée à ne pas avoir participé à la rixe, a priori. Les autres gardés à vue sont tous de «très jeunes adultes», de 18à 21 ans, dont aucun ne travaille, et «la plupart ont des casiers judiciaires pour vol avec violences, violences avec armes et en réunion», a précisé le procureur. Trois autres ont échappé au coup de filet. Ils ont un «profil très violent».

Trente coups de couteau

Pour un motif apparemment futile, Kevin et Sofiane ont été lynchés, vendredi soir, par un groupe d'une quinzaine de jeunes munis de manches de pioche, de couteaux, marteau et bâton. Les deux victimes ont reçu plusieurs coups de couteau, «sept à huit» pour Kevin, et «une trentaine» pour son ami Sofiane.

Déjà en 2010

Ce nouveau drame à la Villeneuve est venu raviver le souvenir des trois nuits d'émeutes en 2010, consécutives à la mort d'un jeune habitant tué lors d'un échange de tirs avec la police après qu'il eut braqué un casino. Ces heurts avaient été suivis du discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy, promettant une «guerre nationale» contre les «voyous». Hier, Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, a dénoncé «ce massacre», et annoncé l'intégration du quartier au dispositif de zones de sécurité prioritaire. L'emploi du mot «massacre» par le ministre a été aussitôt critiqué par l'avocat de deux gardés à vue. Sur France 2, hier soir, Manuel Valls a par ailleurs expliqué que le chef de l'État était allé «comme un père» à Grenoble, dans une démarche d'«apaisement».

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