Par ailleurs, de nombreuses personnes coincées dans les gravats continuent d'appeler à l'aide. «Les secouristes progressent prudemment pour les en retirer», a expliqué un responsable des secours. Le précédent bilan faisait état de 175 morts, en majorité des femmes.
Environ 1.500 personnes ont déjà été secourues, mais les autorités ne peuvent dire combien sont encore sous les décombres. Un millier de blessés sont par ailleurs soignés à l'hôpital, selon Hiralal Roy, médecin urgentiste de l'hôpital Enam, proche du lieu de l'accident. Les services de secours n'utilisent plus d'équipement lourd pour déblayer le site, afin d'éviter de mettre en danger les survivants.
L'immeuble Rana Plaza s'est effondré comme sous l'effet d'un séisme à 9 heures locales (5 heures en France) mercredi, à Savar, près de Dacca. Sur les huit étages, seul le rez-de-chaussée est resté intact. La Première ministre, Sheikh Hasina, a décrété une journée de deuil national ce jeudi et les drapeaux sont en berne
Une construction illégale employant 2 600 personnes
Ce drame souligne une nouvelle fois les problèmes de sécurité dans l'industrie textile bangladaise. Selon le ministre de l'Intérieur, Muhiuddin Khan, cet immeuble était une construction illégale. 2 600 personnes y travaillaient selon l'Association des fabricants et exportateurs de textile au Bangladesh.
Dès mardi soir, à la veille de la tragédie, certains ouvriers travaillant dans les ateliers de confection s'étaient publiquement inquiétés de fissures. Ils ont toutefois dû revenir travailler sur ordre de leurs chefs. «Les responsables nous ont forcés à revenir et, une heure après notre retour, le bâtiment s'est effondré», a rapporté Mousumi, une ouvrière de 24 ans.
Selon Mustafizur Rahman, responsable d'une unité de police chargée du secteur industriel, les propriétaires des ateliers de l'immeuble avaient ignoré un appel de fermeture lancé par les autorités et demeurent invisibles depuis la catastrophe. En réaction, des dizaines de milliers d'ouvriers du textile ont manifesté dans une zone industrielle proche, provoquant la fermeture de centaines d'usines.
Une enquête a été ouverte à l'encontre du propriétaire du bâtiment, un membre du parti au pouvoir, pour violation des règles de construction.

(AFP/MUNIR UZ ZAMAN)
La chaîne britannique de vêtements à bas prix Primark, dont l'un des fournisseurs était installé dans l'immeuble, s'est déclarée «choquée». Le distributeur américain Walmart enquête pour savoir si l'un de ses fournisseurs se trouvait dans le Rana Plaza. L'Espagnol Mango, après avoir tergiversé, a admis des liens avec un fabricant. Quant à l'Italien Benetton, s'il dément tout lien avec des fabricants situés dans l'immeuble, des organisations de défense des ouvriers mettent en avant des documents de septembre 2012 correspondant à des commandes de la marque occidentale.
L'industrie textile au Bangladesh est la deuxième plus importante au monde et fournit nombre de marques occidentales à bas prix. Les effondrements d'immeubles sont fréquents dans le pays, les normes de sécurité en matière de construction étant rarement appliquées. En novembre 2012, un incendie dans une usine textile fournissant notamment la chaîne américaine Walmart avait fait 111 morts à la périphérie de Dacca. Selon des ouvriers, leurs responsables leur avaient demandé de rester à leur poste en affirmant qu'il ne s'agissait que d'un exercice d'alerte incendie.
VIDEO. Effondrement d'un immeuble au Bangladesh


