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Le parti islamiste tunisien Ennahda a choisi, vendredi 22 février, le ministre de l'Intérieur, Ali Larayedh, comme candidat au poste de Premier ministre pour sortir le pays d'une grave crise politique.
"C’est le choix numéro un d’Ennahda", résume David Thomson, correspondant de FRANCE 24 à Tunis, "mais il y a trois autres candidats, Mohamed Ben Salem [Agriculture], Noureddine Bhiri [Justice] et Abdellatif Mekki [Santé]. Le président Moncef Marzouki a toujours la possibilité de choisir un autre candidat de la liste même si cela est peu probable", précise-t-il.
"Bilan mitigé"
Prisonnier torturé sous le régime tunisien déchu de Zine el-Abidine Ben Ali, puis ministre de l'Intérieur après la révolution de 2011, Ali Larayedh, 57 ans, est considéré comme un homme de dialogue appartenant au courant modéré de son parti. L’ancien ministre de l’Intérieur n’a pourtant pas eu bonne presse, ces derniers mois, auprès du peuple tunisien. "Son bilan du point de vue de l’opposition est assez mitigé", reconnaît David Thomson.
L’opposition lui reproche en effet la faillite sécuritaire du pays, en proie depuis plusieurs mois à de multiples manifestations sociales, et une trop grande indulgence à l’égard des salafistes.
"Responsable" de la mort de Belaïd
Surtout, depuis le 6 février, jour de l’assassinat de l’opposant Chokri Belaïd, la colère d'une partie des Tunisiens a redoublé à son égard. Les proches de la victime l'accusent d'avoir failli à assurer la sécurité du leader de gauche. Plusieurs milliers de personnes s’étaient d'ailleurs réunis le 6 et 7 février devant le ministère de l’Intérieur pour réclamer sa démission.
L'ancien Premier ministre Hamadi Jebali avait refusé, jeudi, la proposition d’Ennahda de le reconduire dans ses fonctions. Il avait auparavant renoncé à son poste après le rejet par son propre parti de l’idée d’un gouvernement de technocrates apolitiques.