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Iatseniouk va chercher à Washington le soutien d'Obama

Iatseniouk va chercher à Washington le soutien d'Obama
Par Karl de Meyer | 12/03 | 06:00      lien 
 

L'opinion américaine soutient les sanctions économiques contre Moscou, mais ne veut pas aller plus loin.

A cinq jours du référendum qui doit se tenir en Crimée sur un rattachement à la Russie, le nouveau Premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, va aujourd'hui, à la Maison-Blanche, mettre sous pression Barack Obama. « Je considère désormais comme probable une intervention militaire russe contre tout ou partie du territoire ukrainien, indique Anders Aslund, du Peterson Institute, et donc Arseni Iatseniouk va chercher à obtenir le plus de garanties possibles de la part des Etats-Unis. » Le Premier ministre ukrainien, qui doit aussi intervenir devant l'ONU, devrait mettre en avant le mémorandum de Budapest de 1994, dans lequel Washington et Londres (mais aussi Moscou !) garantissent l'intégrité territoriale de l'Ukraine en échange de sa dénucléarisation. Il a déjà fait valoir que si les Occidentaux manquaient à ces engagements, il leur serait difficile de convaincre l'Iran ou la Corée du Nord de renoncer à l'arme nucléaire.

Barack Obama est aussi sous pression de la part de responsables politiques qui l'accusent de faiblesse dans son action diplomatique. L'ancien vice-président Dick Cheney a ainsi estimé qu'« évidemment le président russe est convaincu qu'Obama est faible ». Le sénateur républicain Ted Cruz juge lui que le président américain « s'aliène nos alliés ». Même chez les démocrates, il y a des sceptiques. Le sénateur du Delaware Chris Coons se dit convaincu que « tout ceci est en partie le résultat de ce qui a été perçu comme notre faiblesse en Syrie ».

Pour l'instant, la Maison-Blanche ne semble pas vouloir aller beaucoup plus loin que les sanctions à l'égard des dirigeants russes impliqués dans la crise. Tony Blinken, conseiller adjoint du président pour la sécurité nationale, a toutefois assuré que « nous avons mis en place un mécanisme de sanctions très souple, qui nous permet de les durcir si la Russie fait les mauvais choix ».

Reste que Barack Obama sait l'opinion majoritairement opposée à une intervention plus musclée. Selon un sondage CNN-ORC international publié lundi, 59 % des Américains approuvent les sanctions économiques à l'égard de Moscou. Mais 52 % se prononcent contre une aide économique à l'Ukraine, et surtout seulement un sondé sur huit soutient l'idée de frappes aériennes contre les forces russes en Ukraine ou d'envoi des troupes américaines sur le terrain.

Washington a soumis à Moscou, la semaine dernière, des propositions concrètes pour désamorcer la crise, notamment l'arrêt des avancées militaires russes et la fin des actes de provocation. John Kerry a exclu de rencontrer son homologue russe, Sergueï Lavrov, tant qu'il n'y aurait pas d'accord sur le contenu des discussions.

Karl De Meyer, Les Echos

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Bureau de New York
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