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Référendum en Crimée : l'Europe se prépare à riposter

Référendum en Crimée : l'Europe
se prépare à riposter
Par Les Echos | 16/03 | 21:30 | mis à jour à 23:09      lien 
 

Après le référendum, qui plébiscite le rattachement de la Crimée à la Russie, l'Europe devrait lancer des sanctions « ciblées » visant des responsables russes ou pro-russes.

Les Occidentaux ont condamné le référendum « illégal » en Crimée et l’Union européenne devrait décider de sanctionner des responsables russes. - AFP
Les Occidentaux ont condamné le référendum « illégal » en Crimée et l’Union européenne devrait décider de sanctionner des responsables russes. - AFP

Les Ukrainiens de Crimée ont plébiscité dimanche le rattachement de la péninsule à la Russie au terme d’un scrutin qui a mis en lumière le divorce profond entre Russes et Occidentaux et réveillé les appétits des séparatistes de l’Est de l’Ukraine. « 93% des habitants de la Crimée se sont prononcés pour le rattachement à la Russie, 7% se sont prononcés pour le statut autonome de la Crimée au sein de l’Ukraine », selon un sondage diffusé par les autorités séparatistes de la Crimée. Selon la Commission électorale, le taux de de participation était de 81%.

 

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Le Premier-ministre séparatiste Serguiï Axionov a immédiatement salué une décision « historique ». « Merci à tous ceux qui ont participé au référendum et ont fait leur choix. Aujourd’hui nous avons pris une décision très importante qui rentrera dans l’histoire », a déclaré M. Axionov sur son compte Twitter. La Crimée demandera officiellement lundi son rattachement à la Russie, a annoncé dimanche soir Serguiï Axionov, toujours sur son compte Twitter. « Le parlement de la Crimée se réunira lundi en session extraordinaire pour adopter une candidature officielle à l’intégration à la Fédération de Russie », a déclaré M. Axionov.

Une délégation officielle du parlement se rendra le même jour en Russie, a-t-il ajouté, sans préciser davantage l’objet de sa visite. « Nous voulons aller de l’avant aussi vite que possible mais en observant toutes les procédures légales », a encore déclaré le Premier ministre pro-russe.

Des habitants de la région de Donetsk réclament un référendum comme en Crimée

 

Condamnation occidentale

Les Occidentaux ont condamné le référendum « illégal » en Crimée et l’Union européenne devrait décider de sanctionner des responsables russes, sans toutefois frapper à la tête de l’Etat afin de laisser la porte ouverte au dialogue avec Moscou. Les Européens vont réagir sans tarder, dès lundi matin, puisque leurs ministres des Affaires étrangères se retrouveront à 09H30 (08H30 GMT) à Bruxelles pour leur réunion mensuelle.

Sans attendre, Bruxelles comme Washington ont réaffirmé dimanche qu’ils jugeaient « illégal et illégitime » ce référendum, qui est « contraire à la Constitution ukrainienne et aux lois internationales », selon les présidents du Conseil européen et de la Commission, Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso. « Les Etats-Unis ne reconnaîtront pas le résultat » du scrutin, a également réaffirmé le secrétaire d’Etat John Kerry à son homologue russe Sergueï Lavrov lors d’une discussion téléphonique. « Après ce référendum illégal, la Russie commence de facto l’annexion du territoire ukrainien », a vivement réagi la présidente lituanienne, Dalia Grybauskaitè.

Le referendum qui s'est tenu aujourd’hui en est illégal et contraire à la Constitution ukrainienne

 
 
 
 

Qualifiant ce scrutin de « pseudo-consultation », le président français François Hollande avait prévenu samedi que « s’il n’y avait pas de désescalade lundi », il « y aurait usage des sanctions » sur lesquelles se sont entendus les dirigeants de l’UE lors de leur réunion extraordinaire sur l’Ukraine le 6 mars. Jusqu’à présent plutôt réticente, Londres a également estimé qu’il était temps pour l’UE d’« adopter des mesures de restriction plus sévères », selon son chef de la diplomatie, William Hague.

Restrictions de visas et gels d’avoirs

A Bruxelles, une nouvelle réunion au niveau des ambassadeurs devait finaliser dimanche soir des sanctions « ciblées » visant des responsables russes ou ukrainiens pro-russes, sous la forme de restrictions de visas et de gels d’avoirs. Aucune information officielle ne sera dévoilée avant la réunion de lundi sur la liste des personnes visées, qui pourrait comprendre de « 25 à 30 noms », selon une source européenne. Elle « devrait être limitée mais politiquement significative pour envoyer un message clair » à Moscou, a précisé une autre source.

« Il y aura des parlementaires, des membres des instances de sécurité, un haut responsable du ministère de la Défense... », selon elle. Des responsables pro-russes de Crimée devraient être également concernés. Mais il semblait exclu que la liste comprenne, dans un premier temps, des membres du gouvernement russe car il « serait difficile » de sanctionner des personnes avec lesquelles on essaie de négocier une solution politique.

Des sanctions économiques

Les capitales occidentales s’interrogent en effet sur les intentions de Vladimir Poutine après le référendum. « Va-t-il se satisfaire de l’arrimage de la Crimée à la Russie où va-t-il chercher à pousser son avantage dans l’est de l’Ukraine ? », se demande un diplomate à Bruxelles. Pour plusieurs responsables européens, l’attitude de Moscou ces derniers jours ne prêtait pas à l’optimisme. « La Russie a jusqu’à présent bloqué toute option de sortie de crise, toute avancée vers une désescalade et veut apparemment établir une situation que nous ne pouvons accepter », a estimé dimanche le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier.

Dans le cas où la crise s’aggraverait, l’UE envisage de débloquer un troisième train de sanctions, jugées plus dommageables pour Moscou car portant sur les relations économiques et commerciales. Les chefs d’Etat et de gouvernement des 28 auront l’occasion d’en discuter lors du sommet européen qui se tiendra jeudi et vendredi à Bruxelles. Les milieux économiques, notamment allemands, s’inquiètent publiquement de telles sanctions. Le patron du géant de l’énergie EON, Johannes Teyssen, a ainsi mis en garde dans l’hebdomadaire Der Spiegel contre le risque d’« endommager inconsidérément » les relations avec la Russie, troisième partenaire économique de l’UE.

Le Premier ministre bulgare, Plamen Orecharski, s’est également déclaré dimanche réticent, soulignant que plusieurs pays de l’Europe de l’est, dont le sien, « seraient les plus grands perdants » en cas de sanctions. La Bulgarie dépend en effet très largement de livraisons de gaz russe transitant par l’Ukraine pour son approvisionnement énergétique.

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Avec AFP
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