
La rue où a eu lieu l'enlèvement. Photo prise ce matin par un de nos Observateurs.
Deux jours après l’assassinat des deux reporters de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, les premières arrestations de suspects ont eu lieu dans la région de Kidal, au nord du Mali. Dans la ville, les habitants sont sous le choc et un climat de suspicion règne.
Les deux envoyés spéciaux de RFI ont été enlevés à Kidal le 2 novembre, à la mi-journée, par quatre individus à bord d’un pick-up. Quelques heures plus tard, leurs corps sans vie ont été retrouvés à une douzaine de kilomètres de la ville à proximité du véhicule.
Kidal, bastion de la rébellion touareg du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad), est au centre de tensions depuis le début de la guerre au Mali. Selon les accords de Ouagadougou, la sécurité de la ville devait être assurée conjointement par le MNLA et l’armée malienne mais dans les faits, l’armée régulière ne compte sur place que 200 hommes, trop peu pour assurer des patrouilles. Quant à la force onusienne de la Minusma, composée de 200 Sénégalais, sa marge d’action reste très faible, en partie pour des questions de logistique. Le MNLA serait donc actuellement maître dans le centre de Kidal, tandis que le retour d’éléments d'Ansar Dine, groupe touareg djihadiste lié à AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique) a été signalé à la périphérie de la ville.

