La mise en scène médiatique est parfaite. Arrivé à quelques mètres de la frontière française entouré de ses nombreux soutiens, ce samedi après-midi, Jérôme Kerviel s'arrête. Passera, passera pas ? L'ex-trader, condamné à trois ans de prison pour avoir fait perdre près de 5 milliards d'euros à la Société générale, étire le suspense. Parti de Rome il y a quelques semaines pour une marche vers Paris, il est attendu au commissariat de Menton (Alpes-Menton). Finalement, la réponse est non. Il ne se rendra pas, du moins pas tout de suite, à sa convocation en vue d'une possible incarcération.
"Beaucoup de personnes de l'appareil judiciaire sont venues me voir pour me dire que mon dossier était truqué. Mais ces personnes ne veulent pas témoigner car elles ont peur", a affirmé Jérôme Kerviel face aux caméras. Puis il a lancé un appel au président de la République : "Je demande à François Hollande de leur accorder l'immunité pour que ces personnes puissent parler librement."
La Société générale dénonce une "opération de victimisation"
En attendant une réponse, l'ex-trader restera du côté italien de la frontière. "Il est libre jusqu'à demain, 15 heures", a précisé son avocat, David Koubbi. "Je suis serein et combatif. Je suis là pour dénoncer le système. J'y ai participé, j'étais un connard à l'époque. Mais je passerai le reste de ma vie à le dénoncer", a ajouté son client.
Un peu plus tôt dans la journée, la Société générale a publié un communiqué pour s'insurger contre "l'opération de victimisation" de son ex-employé. Elle rappelle que ce dernier a été jugé successivement par trois juridictions, qui l'ont toutes reconnu responsable pénalement. La banque dénonce "la violence du tapage médiatique orchestré ces derniers jours par Jérôme Kerviel et son entourage", qui mêle selon elle, "mensonges, amalgames et approximations".